Le saviez-vous ? #12 Le baklava

@syedfhashemi

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir les origines d'un plat, d'un dessert, d'un ingrédient à travers nos articles Le Saviez-Vous ?

Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Saviez-vous que le baklava turc est enregistré au registre européen des appellations d’origine protégée ?

L'histoire de cette délicieuse friandise est assez controversée et malheureusement peu documentée. De nombreux peuples tels que les Grecs, les Turcs et les habitants du Moyen-Orient revendiquent le baklava et le préparent ainsi à leur manière.

Une version de l'histoire prétend que le baklava trouve son origine chez les Assyriens (ancienne région du nord de la Mésopotamie), qui le préparaient déjà au 8ème siècle avant JC en superposant du pain plat sans levain et des noix hachées, en l'arrosant de miel et en le faisant cuire dans des fours à bois.

Le baklava moderne a connu un certain nombre d'évolutions au fur et à mesure de l'Histoire de la région. Le Moyen-Orient, la Méditerranée orientale, les Balkans, le Caucase, les Turcs, les Arabes, les Grecs, les Arméniens et les Bulgares d'aujourd'hui sont autant de peuples qui ont fait partie de l’Empire ottoman et définissent aujourd’hui le baklava comme leur dessert national.

L'empire ottoman

Il est indéniable que le dessert que nous consommons aujourd'hui a été perfectionné par l'Empire ottoman au XVe siècle, après l'invasion de Constantinople (l'actuelle Istanbul). Et pendant plus de cinq cents ans, les cuisines du palais impérial ottoman de Constantinople sont devenues le centre culinaire suprême de l'empire. Les rapports les plus anciens sur le baklava sont présents dans les carnets de cuisine du palais de Topkapı (Istanbul). Selon ce rapport, le baklava a été cuit dans le palais en 1473. Cette friandise, qui était à l'origine une simple pâtisserie, est devenue un dessert qui nécessitait une certaine délicatesse pour plaire aux dignitaires et aux riches.

Jusqu'au 19e siècle, le baklava est alors considéré comme un luxe, que seuls les très riches peuvent se permettre. Aujourd'hui encore, l'expression "je ne suis pas assez riche pour manger du baklava tous les jours" est très courante en Turquie. Les gens ne préparaient des baklavas que pour les grandes occasions, les événements religieux ou les mariages.

Carte de l'Empire Ottoman ©Les éditions des chavonnes

Influence des différentes civilisations sur le baklava

Bien que les origines exactes du baklava restent controversées, il est indéniable que sa recette a été modifiée chaque fois qu'un vent de changement soufflait sur le Moyen-Orient ou le Proche-Orient. La région a vu défiler un grand nombre des plus anciennes cultures et civilisations du monde, chacune d'entre elles adaptant le baklava à ses préférences.

Pâte phyllo © joannawnuk

L'influence grecque

Les marins et marchands grecs qui se rendaient en Mésopotamie ont rapidement découvert les délices du baklava. Ils ont rapporté la recette à Athènes et y ont contribué en créant une technique de pâte qui a permis de la rouler aussi fine qu'une feuille, par rapport à la texture rugueuse de la pâte assyrienne. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui ont inventé le nom "Phyllo", qui signifie "feuille". La pâte filo trouve ses racines à l'époque byzantine.

L'influence arménienne

Lorsque les marchands arméniens ont découvert le baklava à la frontière orientale de l'Empire ottoman, sur les routes des épices et de la soie, ils ont intégré la cannelle et le clou de girofle au baklava.

Clou de girofle et Cannelle

Rose et fleur d'oranger

L'influence arabe

Plus à l'est, les Arabes ont introduit l'eau de rose et l'eau de fleur d'oranger. De tous les pays du Moyen-Orient, c'est notamment au Liban que l'on attribue la plus grande contribution au baklava.

L'influence perse

En Perse, des pâtissiers renommés depuis l'Antiquité ont inventé le baklava en forme de losange qui contenait une farce aux noix parfumée au jasmin. Au 6ème siècle, siècle, cette friandise a été introduite à la cour byzantine de Justinien Ier à Constantinople.

Noix et Jasmin

L'influence turque

Alors que les Ottomans envahissaient Constantinople à l'ouest, ils étendaient également leurs territoires orientaux pour couvrir la plupart des anciennes terres assyriennes et l'ensemble du royaume arménien. Les cuisiniers et pâtissiers qui travaillaient dans les palais ottomans ont énormément contribué à l'interaction et au raffinement de l'art de la cuisine et de la pâtisserie d'un empire qui couvrait une vaste région. Vers la fin du XIXe siècle, de petites pâtisseries ont commencé à apparaître à Constantinople et dans les principales capitales provinciales pour répondre aux besoins de la classe moyenne.

Origines du mot Baklava

Tout comme il existe des divergences quant à la source de la célèbre pâtisserie, l'origine du mot baklava est également contestée. Il est entré dans la langue anglaise en 1650.

Les étymologistes turcs revendiquent son origine (baklağı ou baklağu) ; tandis que certains disent que baklava pourrait venir de la racine mongole baγla- qui veut dire "attacher, envelopper, empiler".

Le nom baklava est utilisé dans de nombreuses langues avec des variations phonétiques et orthographiques mineures. Dans le monde arabe, on utilise baqlawa/baklawa, alors que les Grecs l'appellent baklava.

Le Baklava que nous connaissons aujourd'hui

Le baklava est populaire dans tout le Moyen-Orient, mais aussi dans d'autres pays et cultures qui le préparent avec des variantes différentes :

Au Liban, le baklava est fait de feuilles de pâte phyllo remplies de noix (pistaches, noix, noix de cajou, pignons, amandes) et trempées dans du sirop "Atir" (ka-tr) fait d'eau de fleur d'oranger et d'eau de rose, de sucre et d'eau. Il est coupé en une variété de formes triangulaires, rectangulaires, en losange ou carrées.

La ville de Tripoli au Liban est célèbre pour ses baklavas.

 

@feelgoodfoodie

En Turquie, le baklava est traditionnellement fabriqué en remplissant entre les couches de pâte des pistaches, des noix, des amandes ou une préparation spéciale appelée kaymak (une crème de lait, semblable à de la crème fouettée).

La ville de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, est célèbre pour son baklava à la pistache et est considérée comme sa ville natale.

 

@salshiophotography

En Iran, une version plus sèche du baklava est cuite et présentée en petites coupes en forme de diamant aromatisées à l'eau de rose. Les villes de Yazd et Qazvin sont célèbres pour leur baklava, qui est largement distribué en Iran.

Le baklava perse utilise une combinaison d'amandes et de pistaches hachées, épicées avec de la cardamome et un sirop parfumé à l'eau de rose, et est plus léger que les versions du Moyen-Orient.

@dumplingsandmore

Appellation officielle

Contestées, les origines du baklava font l'objet de nombreuses tourmentes et c'est tout naturellement que les autorités turques ont publié une série de critères pour que le baklava bénéficie de l'appellation officielle. L'Institut turc des normes (TSE) a précisé le 19 février 2015 les règles à respecter pour que tout commerçant voulant faire des baklavas puisse se voir attribuer le précieux label.

"Il doit présenter une couleur et un aspect dorés comme le veut la tradition, son sirop ne doit pas être trop épais, il ne doit pas provoquer de sensation de brûlure dans la gorge et fondre dans la bouche sans qu'il soit nécessaire de mâcher"

De plus, chaque baklava doit avoir une épaisseur minimale de 35 mm.

Le baklava de Gaziantep est le premier produit turc à avoir obtenu le statut très recherché d'appellation protégée de l'Union européenne (UE).

Sources

The Horizon Cookbook and Illustrated History of Eating and Drinking though the Ages, 1968

Oxford Companion to Food, Alan Davidson, 1999

 

Le saviez-vous ? #11 Le pain d’épices

Saviez-vous que le pain d’épices est une invention chinoise qui faisait office de ration de combat à haute valeur énergétique pour les guerriers mongols ? 

Retour à l'antiquité

 

Il faut remonter à l’Antiquité au temps des Égyptiens pour retrouver les premières références au pain d’épices, un pain cuit enduit de miel additionné d'herbes aromatiques et de quelques épices.

Chez les Grecs, son ancêtre est le melitounta et se compose de plusieurs farines et de miel. On l’appelle également panis mellitus chez les Romains. Dans la mythologie de ces peuples, le miel était considéré comme un cadeau des dieux et était ainsi utilisé pour ses effets curatifs et vivifiants notamment chez les Égyptiens qui embaumaient leurs morts d’un mélange de miel et de propolis.

Un homme s'affaire à sortir les rayons de miel (Nina de Garis Davies : 1881-1965)

Arrivée en Europe

 

Le Xe siècle est marqué par l’apparition de ce qui rapproche le plus du pain d’épices actuel. C’est en Chine qu’est mis au point le « Mi-kong », pour les empereurs de la Dynastie Tang. Les soldats mongols faisaient de ce pain de miel cuit au four relevé de plantes aromatiques et d’épices d’Orient une ration énergétique lors de leurs combats. Ce sont les cavaliers de Gengis Khan qui répandront le Mi-Kong au Moyen-Orient, où ce dernier sera adopté par le peuple arabe.

Lors des Croisades du XIIème et XIIIème siècles, les Européens découvrent le pain d’épices et décident de rapporter la fameuse recette et les épices dans leur royaume. C’est ainsi que le pain d’épices se diffuse à travers l’Europe par d’importants réseaux de moines cisterciens qui en font un gâteau sucré aux vertus médicinales. Mais c’est surtout en Allemagne, et particulièrement à Nuremberg que le fameux pain d’épices (« Lebluchken » mentionné en 1395) s’installe durablement.

Développement du pain d'épices en France

 

On voit ainsi apparaitre des « pains d’épiciers », véritable maîtres pâtissiers du pain d’épices, qui doivent faire preuve d'un savoir-faire unique et être capable de trouver les épices nécessaires à la fabrication de ce dernier. Ces « pains d’épiciers » font leur apparition à Reims au XIVème siècle, qui deviendra rapidement le centre de fabrication du pain d’épices en France. Les pains d’épices de Reims deviennent rapidement les plus prisés du royaume. Face à leur succès grandissant, Henri IV octroie à ces « pains d’épiciers » le statut de corporation qui aura pour emblème l'ours au bretzel. Les maîtres pains d'épiciers alsaciens deviennent si réputés qu'il leur est interdit en 1643 de cumuler les titres de boulangers et de pains d'épiciers.

Le pain d’épices voit sa recette évoluer en fonction des régions. Lorsque qu'il arrive en Europe, on additionne au pain d'épices toutes sortes d'épices rares et onéreuses à cette époque : clou de girofle, noix de muscade, gingembre ou encore cannelle. C'est cette rareté, son coût et son processus de fabrication complexe qui feront du pain d'épices en ce temps un mets prisé par la noblesse, un mets symbole de richesse et de puissance.

Au fil du temps, le pain d'épices devient populaire notamment grâce à la baisse du coût des épices dans toute l'Europe, mais également en Amérique du Nord lorsque celui ci est apporté par les colons européens.

En 1940, c'est près de 25 tonnes de pain d'épices qui sont produites quotidiennement dans les différentes fabriques françaises. Cette production chute brusquement après la guerre, mais celui-ci reste néanmoins aujourd'hui un des piliers de la pâtisserie alsacienne. Le pain d'épices continue de trôner sur les tables des foyers français au moment des fêtes.

Le pain d’épices devient alors une des friandises préférées des Français et, de ce fait, des fêtes. Il est la star de la foire du trône, foire qui s’appelait à son origine la foire au pain d’épices.

Et ses variantes ...

Bonhomme de pain d'épices

Originaire d'Angleterre, la légende raconte que c'est la reine Elizabeth I au XVIème siècle qui a eu l'idée de donner aux biscuits une forme humaine donnant ainsi naissance au bonhomme de pain d'épices. Ces biscuits étaient ainsi décorés avec du glaçage laissant apparaître un visage et des vêtements, puis ils étaient offert à ses invités en visité à sa cour. Le conte du petit bonhomme de pain d'épices viendra renforcer cette tradition.

@Croatia.hr

L'art du pain d'épices croate

Au nord de la Croatie, sont fabriques les licitar, des pains d'épices en forme de coeur . Ils peuvent être utilisés comme décoration ou bien être dégustés avec des boissons à base de miel appelées medica et gvirc, vendues lors des fêtes. « L’art du pain d’épices en Croatie du Nord » a été inscrit en 2010 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La spécialité aixoise

Le printen est une spécialité de Noël d'Aix-la-Chapelle (Aachen) que l'on retrouve au sein de la communauté germanophone dans l’Est de la Belgique. C'est une variante des couques de Dinant (une spécialité belge) qui diffèrent par leur formes et motifs (printen = empreinte). Ces biscuits fins et rectangulaires facilitent sa consommation. Ils se composent de farine, de sucre, de cassonade et d'épices.

@Cookidoo

@Kamis.pl

La version polonaise 

Le piernik correspond à notre pain d’épices en Pologne et fait également partie des friandises des fêtes de Noël. Au Moyen-Âge, on les appelait Miodownik, mais lorsque des épices orientales et notamment du poivre ont été ajoutés à la recette, le fameux gâteau a ainsi été renommé piernik (pierny = poivre en polonais). Le pain est généralement recouvert d'un glaçage au chocolat noir et certaines versions ajoutent des écorces d’orange confite ainsi que des amandes.

Le saviez-vous ? #10 El Taco Al Pastor

 

@SeriousEats

Saviez-vous que le célèbre tacos mexicain trouve ses origines dans la culture libanaise ? 

El taco al pastor est un plat récent car sa technique a été apportée par l’immigration libanaise dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est arrivée à Veracruz et s’est ensuite installée dans la ville de Puebla où elle a apporté son savoir culinaire mais en remplaçant l’agneau ou le mouton par du porc.

Cette méthode de cuisson de la viande est d’abord originaire du centre du Mexique puis s’est étendue dans le reste du pays.

Mais quelle est sa particularité ? Le format de la rôtissoire est vertical et représente une toupie (trompo). Ce modèle de rôtissoire permet d’éliminer les excès de graisse présents dans la viande et à contrario des autres rôtissoires, celle-ci repose sur une broche. Cela permet ainsi de cuire la viande de façon uniforme grâce à la chaleur qui l’entoure.

 

Le taco est si populaire qu’il existe même des taqueros, c’est-à-dire des personnes préparant les tacos dans les rues mexicaines. Ils font parties du commerce de rue et leurs établissements, fixes ou ambulants, s’appelle taquería. L’assemblage de la viande sur la rôtissoire est considéré comme un véritable art qui demande du temps. La cuisson est très lente car les différentes couches doivent fusionner, les fibres de collagène fondent et on obtient ainsi une viande tendre et juteuse.

 

Au Mexique, les épices diffèrent selon les goûts et les régions mais majoritairement, dans el taco al pastor, le porc est mariné avec du cumin, du curcuma, de la coriandre, du roucco, du piment guajillo et du piment ancho, de l’oignon, de la sauce piquante, le tout dans une tortilla de maïs accompagné d’ananas.

C’est une spécialité mexicaine de rajouter de l’acidité dans les plats avec quelques gouttes de citron vert, ou notamment ici dans el taco al pastor avec de l’ananas.

*Le piment guajillo et le piment ancho font parties de la Sainte Trinité des piments mexicains avec le piment Pasilla.

@Loveandlemons

El taco de asada @Swankyrecipes

 

Chaque région consomme des tacos différents selon les ingrédients à disposition. Le Mexique possède des régions climatiques diverses (déserts, forêts tropicales, montagnes…) et chacune adapte leurs plats en fonction de ce que l’endroit offre. Au nord du pays, le taco le plus populaire est celui de asada, avec de la viande grillée et coupée en petits morceaux, généralement du bœuf. A contrario, dans le Mexique central, les plus populaires sont el taco al pastor ou el taco de carnitas.

 

El taco de carnitas s’accompagne d’une sauce de tomate verte, el taco barbacoa, est lui cuisiné avec du mouton et servi avec une sauce borracha. Cette dernière est issue de la fermentation de la plante d’agave, donnant ainsi une boisson alcoolisée appelée « pulque ». El taco de adobada, est quant à lui proche de el taco al pastor mais se cuisine avec du porc mariné dans une sauce piment roja, du vinaigre et de l’origan.

El taco barbacoa @Cookingclassy

@Tripadvisor

 

La sauce change également selon le taco, il en existe ainsi différents types, soit la sauce roja (faite à base de tomates), soit verde (préparée à partir d’avocats ou de tomates vertes (tomatillo et oignon). Par exemple, la sauce de el taco al pastor est préparée avec le piment àrbol, piment sec le plus utilisé dans les sauces, qui donne une sauce rouge et très piquante.

Cette technique est celle employée pour la confection des kebabs, shawarmas et gyros et ce n’est pas un hasard car l’origine du el taco al pastor est l’évolution d’une recette importée par des immigrants libanais.

Le nom shawarma signifie « ça tourne ».  A l’origine, le Shawarma était dédié aux classes les moins aisées de la population. Mais grâce à sa fraîcheur et sa grande facilité de préparation, ce sandwich fait aujourd’hui partie des plats les plus appréciés au Liban. Il se compose de viande de bœuf, agneau ou mouton avec au-dessus des pickles de radis, tomates et de laitue.

 

@Hellofresh

Le döner kebab trouve ses origines en Turquie au milieu du 19ème siècle lorsqu’un homme a eu l’idée de cuire la viande à la verticale. Ainsi la viande était découpée en lamelle et les gens pouvaient l’acheter sur les marchés pour la déguster. Son succès réside dans l’histoire d’immigrés turcs qui dans les années 1970 en Allemagne décident de mettre la viande dans du pain. Le kebab est composé de viande d’agneau ou bœuf, avec du laurier, du thym, du poivre, de l’origan et au-dessus de la tomate.

@Marmiton

Le premier gyro a été introduit dans les années 1950 au Pirée par un cuisinier d'Istanbul d'origine grecque. Cette variante est souvent préparée avec du porc et servie avec de la sauce tzatzìki, composée de yaourt grec, de concombre, de sel, de poivre, d’ail et d’aneth.

 

@CuisineAZ

Et vous alors, qu'est-ce que vous préférez ? 

Un immense merci à Silvia Flores pour ses précieuses précisions lors de ces recherches sur el taco al pastor.

Le saviez-vous ? #9 Le chocolat

Savez-vous d'où vient le chocolat ? Il faut remonter dans l'antique Méso-Amérique, l'actuel Mexique, pour connaître son histoire. 

L’histoire du chocolat remonte à 4000 ans dans l’actuel Mexique où les premiers cacaoyers ont été trouvés. Le cacao a été transformé pour la première fois en chocolat par la civilisation olmèque d’Amérique latine. Il était consommé notamment sous forme d’infusion lors de rituels sacrés ou comme médicament à des fins thérapeutiques. Les Mayas mélangeaient l’infusion de chocolat faite avec des fèves de cacao rôties et moulues avec des piments, de la semoule de maïs et de l’eau, ils considéraient cette boisson comme la boisson des dieux. Ils transvasaient le mélange d’un récipient à un autre pour obtenir une boisson amère et mousseuse appelée xocoatl (eau amère).

Les fèves de cacao étaient utilisées comme monnaie d’échange par les Mayas et les Aztèques. Par exemple 1000 graines valaient trois ducats d’or environ, ce qui servait à payer les impôts ou des esclaves.

@Cacaomama

Les cacaoyers sont cultivés dès le Vème siècle par les Mayas et devinrent rapidement un objet de culte. Dans la culture aztèque, ils constituaient le plus bel ornement du paradis, dont le Dieu Quetzalcóatl était le jardinier.

Les Mayas ne mangeaient que la pulpe acidulée et rafraîchissante de la cabosse et délaissaient les fèves amères. Un jour l’un d’entre eux eut l’idée de griller les fèves et de les écraser pour en faire une pâte. La civilisation aztèque aromatisa la pâte de cacao avec des piments et de la vanille pour en faire une boisson nourrissante.

Découverte au Mexique

La fève de cacao fut offerte à Christophe Colomb en 1502, mais il ne trouvait en cette graine aucun intérêt. En 1519, l’explorateur Hernán Cortes débarque au Mexique en quête de richesse et d’or, mais il découvre le cacao à la place et ce breuvage sacré. L’explorateur découvre Tenochtitlan, la capitale des Aztèques. À sa grande surprise, il fait face à une immense ville paradisiaque de 400 000 habitants faite de palais, de temples, de jardins et de canaux. Celle-ci est gouvernée par Moctezuma II qui accueille l’explorateur et lui fait découvrir les fèves de cacao, cette plante sacrée pour leur peuple consommée sous la forme d’une boisson épaisse : le xocoatl.

 Sculpture de Constantino Brumidi

La Tasse de chocolat, Charpentier Jean-Baptiste 1768

ARRIVÉE EN ESPAGNE

La cour d’Espagne est subjuguée, fascinée par cette boisson exotique, à laquelle elle rajoute du sucre. Il est alors consommé toujours sous forme d’infusion mais avec de la vanille et du miel pour couvrir et adoucir son amertume. Le chocolat devient ainsi très populaire auprès des riches. Face à ce succès, de nombreuses expéditions commerciales sont organisées, les peuples mésoaméricains assurent la production de cacao. La passion pour le chocolat était lancée.

Le chocolat conquit le monde

Le chocolat voyage à travers le monde dans les différentes maisons royales. En 1615, le roi de France Louis XIII se voit offrir des échantillons de chocolat à la cour par sa future épouse Anne d’Autriche, la fille du roi d’Espagne, celle-ci introduira ainsi le chocolat à la cour de France.

C’est seulement sous Louis XV qu’apparaît le premier des artisans chocolatiers qui acquiert le droit de vendre le chocolat en « liqueurs ou en pastilles ». Créées au XVIIIème siècle, les chocolateries d’apothicaires restent longtemps artisanales. La baisse du prix du sucre et du cacao, associée à l’élévation du niveau de vie en Europe, change brusquement le destin de cet ornement maya.

En 1820, un enfant dont le père est pharmacien découvre que certains médicaments amers sont enrobés de chocolat pour les rendre plus agréables à absorber. Cet enfant s’appelle Jean-Antoine-Brutus Menier et fabriquera la première tablette française à cylindres. Il deviendra le fondateur de l’empire de la chocolaterie Menier qui fait aujourd’hui partie du groupe Nestlé.

La révolution du chocolat

Le chocolat devient ainsi très populaire pour ses vertus médicales et est produit de manière artisanale avec un processus très lent.

Le chocolat va se démocratiser à la révolution industrielle notamment avec l’invention de la presse à chocolat capable de presser du beurre de cacao à partir de fèves rôties, laissant ainsi une fine poudre de cacao. Cette dernière est mélangée avec des liquides, le tout se solidifie dans un moule pour former un morceau de chocolat comestible. Le début de l’industrialisation de la poudre de cacao permet de faire baisser le coût du produit et rend ainsi le chocolat plus accessible.

Le mole poblano : De la dinde et du chocolat dans le même plat ?

Embarquons pour le Mexique pour découvrir la légende d’un des plats de fête les plus représentatifs du Mexique, ce pays qui mélange de la dinde et du chocolat.

Au XVIIème siècle, une sœur du couvent de Santa Rosa à Puebla, Andrea de la Asunción se voit demandée de préparer le meilleur des plats pour l’arrivée de l’archevêque Tomás Antoni de la Serna y Aragón. Andrea vide les placards de la cuisine. Ces derniers sont presque vides et elle décide de préparer une sauce appelée mole avec ce qui lui reste, quelques épices et des piments, qui accompagnera une dinde. Le plat prend forme lorsqu’un des franciscains du couvent trébuche et renverse du piment dans la sauce d’Andrea. Malheur, la sauce est beaucoup trop épicée, elle se rend compte qu’elle ne peut pas servir ce plat à son hôte. Andrea ajoute ainsi du chocolat dans la préparation pour adoucir le piment. Son plat est finalement un succès et l’archevêque en parlera dans tous le royaume, le mole poblano est né.

 

        En Bonus

Nous vous partageons la recette du gâteau au chocolat de Suzy Palatin aussi appelé "meilleur gâteau du monde" selon le célèbre pâtissier Pierre Hermé.

1. Préchauffer le four à 200°C

2. Faire fondre le chocolat au micro-onde pendant 3 minutes

3. Puis ajouter le beurre et mettre à nouveau à fondre le tout 1 minute

4. Ajouter le sucre puis la farine tamisée, en mélangeant bien chaque fois

5. Battre les œufs en omelette et les incorporer à la préparation au chocolat

6. Verser dans un moule de 24 cm de diamètre beurré et fariné

7. Faire cuire le gâteau 25 minutes dans un four abaissé à 180°C

8. Laisser le gâteau revenir à température ambiante avant de le démouler

 

 

Le saviez-vous ? #8 Le nougat

nougat

nougat

©MeilleurDuChef

Savez-vous d'où vient le nougat ? Et non, pas de Montélimar ! 

Avant d'être associé à la confiserie que l'on connaît actuellement, le nougat, alors nommé "pignolat" était lié à la médecine. En effet, les premiers textes de médecine grecs citaient l’utilisation du nougat noir (seulement enrobé de miel chaud et sans blanc en neige).

Hippocrate (400 ans avant J.-C.) et Galien (IIème siècle) proposèrent des remèdes à base de miel et d’amandes, ces dernières étant considérées comme très nutritives. Afin d'améliorer le goût des médicaments, généralement à base de plantes plus ou moins amères, les médecins de l’Antiquité ajoutaient alors du miel à leurs préparations pharmaceutiques. Ainsi, les médecins facilitaient l’usage et la consommation de leurs médicaments grâce à une matière agréable à lécher.

Au XVIème siècle, Nostradamus, apothicaire (précurseur du pharmacien, il préparait et vendait les médicaments aux malades) et auteur, d’abord sur les soins du visage puis sur la confiserie, a joué un rôle essentiel dans la vie du nougat. De retour en France de son voyage en Italie, Nostradamus emporte avec lui le pignolat, le nougat italien, ainsi que la recette. Le pignolat étant un nougat noir aux pignons qui devient alors un nougat noir aux amandes.

Il écrit alors l’une des premières recettes de nougat en France, que l’on retrouve ci-dessous :

pignolat nostradamus

Ainsi débute la présence du nougat en France en 1701 à Montélimar, même si une forme de nougat existe déjà dans le sud de la France au XIVème siècle (nougat de Provence).

Le nougat se développe ensuite grâce au soutien d’Émile LOUBET, président de la République française au début du XXème siècle, qui a popularisé le nougat de Montélimar par la valorisation des produits du terroir.

les origines du nougat

Les origines du nougat

De Marie-Josèphe MONCORGÉ

Le nougat est originaire du califat de Bagdad : Irak, Iran, Alep, Égypte, Ouzbékistan. Cette confiserie est typique du bassin méditerranéen. Le nougat de Montélimar, mondialement connu, est ainsi l'héritier d’un long voyage (de la Mésopotamie jusqu’au sud de la France).

Les premières recettes de nougat blanc proviennent d’un livre arabe de Bagdad du Xème siècle. Le nougat s’appelle alors nātif. Ce dernier était alors fait de blancs d’œufs battus en neige ou de la racine de saponaire (en Iran et en Irak) infusé.e dans de l’eau et monté.e en neige. Les puristes disent cependant que s’il y a des blancs en neige, ce n’est pas du nougat. Or, le premier nougat a été fait avec du blanc en neige à Bagdad..!

Le voyage du nougat

"On va déguster la France" de François-Régis GAUDRY

Quelle est la différence entre le nougat blanc et le nougat noir ? 

La principale différence entre le nougat blanc et noir est la cuisson. Le nougat blanc voit ainsi sa consistance changer en fonction de la température du sucre. Plus la cuisson est longue, plus le nougat est dur. Le nougat tendre représente plus de 90% de la production grâce à sa meilleure conservation. Par humidification, le nougat dur perd facilement son croustillant.

Les ingrédients varient également entre les deux nougats. Par exemple, le nougat blanc ne nécessite pas de caramel, seulement le noir !

Le nougat blanc est l’héritier du nougat noir. Ses origines viennent de Bagdad et circulent dans toute la Méditerranée. Du sud de la Turquie, en passant par la Syrie et l’Irak, puis du Liban jusqu'en Égypte vers l’Andalousie (circuit classique du monde musulman). Le voyage continue de l’Andalousie vers le nord de l'Espagne, en passant du côté de l’Italie. La confiserie passa d’abord en Andalousie puis en Catalogne où elle eut été appelée « torró » ("turrón" en espagnol).

Le torró catalan se décompose en 3 variétés :

  • Torró de Xixona ou turrón de Jijona
  • Torró d'Alacant ou turrón de Alicante
  • Torró d'Agramunt

Les deux premiers étant préservés par l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) et le dernier par l'Indication Géographique Protégée (IGP).

Le nougat de Montélimar souhaite lui aussi se protéger des contrefaçons grâce à l'obtention d'une IGP mais les démarches sont encore en cours. Si l'IGP est accordée, les autres confiseurs français ne pourront ainsi plus vendre leurs sucreries avec la mention "Montélimar".

 

Nous connaissons 4 variétés de nougat en France

Le nougat de Provence

Apparu au XIVème siècle, le nougat de Provence est un nougat saisonnier qui reste attaché au symbole de Noël. Il n'a jamais bénéficié de la communication du nougat de Montélimar, qui bénéficie lui d'une réputation inégalable.

Le nougat de Montélimar

Apparu en 1701, le nougat de Montélimar est un produit permanent. Cette confiserie a créé de grandes familles de nougatiers, notamment la famille Chabert qui s'est associée à la famille Guillot (XIXème siècle). Ce nougat nécessite au moins 30% d'amandes (ou 28% d'amandes et 2% de pistaches) et 25% de miel (privilégier celui de lavande), uniquement aromatisé à la lavande.

Nougat corse

Apparu courant XXème siècle. Le nougat corse est le petit cousin du nougat de Provence avec une composition variable : entre 8 et 35% de miel AOC de Corse, entre 20 et 34% de fruits secs et entre 5 et 10% de fruits confits. C'est un produit marketing devenu produit de terroir. C'est donc un nougat spécifique à la Corse.

Touron catalan français (région de Perpignan)

Apparu en 1607, le touron catalan français est l'héritier direct du torró catalan. Le touron blanc est proche du turrón d'Alicante avec 46% d'amandes ou de noisettes torréfiées, alors que le noir est aux amandes, aux noisettes et son sucre est caramélisé.

Découvrons maintenant les nougats des différents pays...

gaz d'iran

Gaz d'Iran

© Majid Eslamdoust

 

 

Spécialité de la province d’Ispahan et de Tchaharmahal-et-Bakhitiaria, cette confiserie traditionnelle iranienne se présente comme un nougat blanc mou et parfumé à l'eau de rose.

 

 

 

 

Le nougat turc est plutôt dur, il ressemble davantage au nougat français. Il n’est pas fait avec de l’amande mais avec de la noix ! Cette confiserie est associée aux banquets de rupture du jeûne du ramadan.

koz helva turquie

Koz helva, Turquie

@Gurukafa

jabane

Jabane, Maroc

@les_delices_dar_dmana_

 

 

 

En voie de disparition, le nougat marocain n’a pas été récupéré par les commerçants pour en faire des produits industriels. Les vendeurs marocains de jabane proposaient ce produit autour d’un long bambou qu’ils tenaient d’une main et le découpaient au couteau de l’autre main.

 

 

 

C’est en Italie que le nougat connaît sa plus grande diversité avec près d’une trentaine de torroni, venus de diverses régions ! Le torrone fait partie des produits traditionnels agroalimentaires italiens (prodotti agroalimentari tradizionali italiani), avec un label délivré par le ministre de l’agriculture italien.

torrone

Torrone, Italie

©Gusto&Arte

mandolato

Mandolato, Grèce

@chpopi

 

 

 

 

Spécialité des îles ioniennes, le « mandolato » est devenu populaire dans les temps byzantins grâce à l’empereur Justinianus. Ses premières rencontres avec la future impératrice Théodora étaient accompagnées de douceurs aphrodisiaques du mandolato !

 

 

 

 

Appelé « Qubbajt » sur l’île de Malte et à Gozo, ce nougat aux amandes et aux noisettes est souvent vendu pour les fêtes religieuses et se déguste beaucoup avec un café.

qubbajt

Qubbajt, Malte

@lovinmalta

Un immense merci à Marie-Josèphe MONCORGÉ pour ses précieuses précisions lors de ces recherches sur l'origine du nougat.

Venez découvrir son site internet sur l'histoire culinaire.

Le saviez-vous ? #7 Le thé

thé noir darjeeling

thé noir darjeeling

©Tea'magine

Pouvant aller de 10 à 15 mètres de haut, saviez-vous que le théier est un arbre et non un arbuste ?

Connu depuis des millénaires en Chine, le thé a été importé au XVIème siècle en Europe par les commerçants portugais.

Le thé était alors tant apprécié que dans les années 1840, Robert FORTUNE, botaniste et voyageur écossais s’en va espionner les secrets de fabrication du thé chinois. Il va alors user de ruses pour s’introduire dans la Chine interdite, qui est alors défendue pour les étrangers de pénétrer dans une zone au-delà d’une certaine distance. Robert devient donc le seigneur Sing Wah et vient découvrir les thés verts réputés des monts Huangshan. Lors de son aventure, il découvre un secret bien gardé par les Chinois : thé vert et thé noir sont issus de la même plante. Grâce à l’obtention de graines et plus de 20 000 plants de théiers, il donne vie à l’un des thés les plus réputés actuellement : le Darjeeling.

Au XVIIème siècle, le thé se fait de plus en plus cher que les Anglais trouvent alors une nouvelle monnaie d’échange, autre que l’argent-métal : l’opium.

Ce n'est qu'au XIXème siècle que la culture du thé apparaît en Inde. Afin de se libérer du monopole commercial de la Chine sur le thé, les Anglais introduisirent cette culture, notamment dans le nord du pays indien, aux alentours de la ville de Darjeeling. Située dans les contreforts de l'Himalaya, cette région allant entre 2 000 et 3 000 mètres d'altitude possède les conditions climatiques idéales pour le développement des théiers.

Le thé peut être récolté plusieurs fois par an. La récolte du printemps, appelée "first flush", soit la "première récolte" est très attendue par les amateurs car elle produit les meilleurs crus d'Asie !

l’empereur Shennong

©Envouthé

 

 

La légende raconte que l’empereur Shennong découvre le thé en l’an 2737 avant J.-C. À la recherche de plantes médicinales pour guérir des épidémies, il se reposa au pied d’un théier pour y faire bouillir de l’eau. Le vent vint y déposer des feuilles, qu’il but et apprécia !

Le thé noir Darjeeling, surnommé le "champagne des thés", est l'un des plus réputés au monde. Issu de plantations prestigieuses situées au pied de l'Himalaya, il s'agit de l'unique thé bénéficiant d'une IGP (Indication Géographique Protégée) reconnue par l'Union Européenne depuis 2011.

Malgré la réputation mythique de ce thé noir, d'autres thés sont également très populaires dans le monde...

 

 

À l’origine, le chaï était composé de lait, d’herbes et d’épices. Traditionnellement, les chaiwallah, personnes qui préparent et vendent le thé dans les rues indiennes, servent le chaï dans une coupe d’argile crue, nommée khudi.

chai indien

Chaï, Inde

©MaVieEnCouleurs

pu-erh chine

Pu-erh, Chine

@be.t2

 

 

Le Pu-erh doit son nom à la ville chinoise Pu’er qui fut longtemps le centre commercial du thé. La préparation chinoise du thé, le gong fu cha est un art véritable et est principalement pratiqué dans la région du Guangdong. Comme le thé tibétain, ce thé se bonifie avec le temps grâce à son conditionnement de briques de thé compressé.

 

 

 

Historiquement produit dans la région de Ya'an en Chine, le thé tibétain a été acheminé de nombreuses années sur l'ancienne route du thé et des chevaux entre les villes chinoises Yunnan et Sichuan pour atteindre les hauts plateaux tibétains.

thé tibétain

Thé tibétain, Tibet

@serendipi_the

carte-route-the-chevaux

Route du thé et des chevaux

©ChineEscapade

Gyokuro, Japon

Gyokuro, Japon

@kishikejapan

 

 

 

Gyokuro siginifie "rose précieuse" car anciennement, les feuilles de thé étaient transformées pour ressembler à des gouttes de rosée. Ce thé de haute qualité se distingue des autres car il est mis à l’ombre avant la récole, d’où son appellation "thé d’ombre".

 

 

 

Considérée comme la boisson nationale d’Afrique du Sud, le rooibos se distingue du théier car ne possède pas de caféine. Exclusivement issu d'Afrique du Sud, l'arbuste pousse dans les montagnes de Cederberg, dans la ville de Cap. Surnommée « thé rouge » en France dû à sa couleur alors qu'il s'agit en réalité d'une infusion !

rooibos-caramel-avec-morceaux

Rooibos, Afrique du Sud

©CafésMarc

maté argentine bombilla

Maté, Argentine

©Malindo

 

 

 

Les feuilles "yerba maté" sons consommées en infusion et le thé se boit avec une paille filtrante "bombilla". La boisson traditionnelle se prépare dans une calebasse (tasse) à maté. Il est également très consommé au Liban.

 

 

 

Contrairement au thé marocain, qui est simplement infusé, le thé à la menthe tunisien est cuit. Il est servi avec des pignons ou des amandes et il est également possible de le préparer avec de la menthe fraîche ou de la menthe séchée.

Thé à la menthe et aux pignons, Tunisie

Thé à la menthe et aux pignons, Tunisie

©Envouthé

thé à la menthe maroc

Atay, Maroc

©CuisineMarocaine

 

 

Symbole d’hospitalité, le thé est ancré dans la culture marocaine avec l’usage de la menthe ou d’autres herbes comme le thym ou la lavande. Le mélange se fait dans le "berrad" (théière). Le service traditionnel en levant la théière facilite la digestion lors de l'absorption du thé par le corps. Ce service permet d’oxyder, refroidir et faire mousser le thé !

Source : Les voyages du goût de Dimitri DELMAS et Guillaume REYNARD

Éditions Actes Sud Junior

Le saviez-vous ? #6 Les épices

épices du liban

épices du liban

Saviez-vous que les épices ont été les 1ères denrées de la mondialisation des échanges ? 

Les épices étaient à l’origine utilisées dans la composition de parfums, de remèdes, d’huiles de massage ou de préparations réputées aphrodisiaques.

Depuis la fin de l’Antiquité, en Europe, manger épicé était un signe de richesse. Les cuisiniers des aristocrates utilisaient le plus souvent le poivre, le gingembre, le galanga (une racine proche du gingembre) et le clou de girofle, tous importés d’Inde ou d’Afrique occidentale par les Arabes. Dans l’ Antiquité, les épices sont intimement liées au Soleil et au Divin.

Les traces les plus anciennes de l'utilisation des épices ont été retrouvées au Moyen-Orient, il y a huit mille ans. Les Égyptiens les employaient pour momifier le corps des défunts afin de conserver l’âme du corps et son énergie vitale pour lui assurer vie éternelle dans l’au-delà. Les épices permettaient une odeur parfumée et le safran était utilisé pour donner aux bandelettes des momies leur couleur or caractéristique.

En Chine, les adeptes du taoïsme (l'un des trois piliers de la pensée chinoise où toute chose a pour origine un principe appelé "Tao") voyaient dans l’épice de la casse (cannelle de chine) la nourriture de leurs « immortels ». La tradition rapporte même qu’à la Cour des Han (IIème siècle avant JC), les officiers mâchonnaient toujours un clou de girofle avant de s'adresser à leur empereur afin d'éviter de lui infliger une haleine désagréable.

En Inde, le safran colorait les robes des moines bouddhistes : sa couleur or en avait fait un symbole de « l’illumination » du Bouddha : c’est-à-dire de la révélation qu’il avait eue des vérités de l’existence.

En Grèce Antique, lors des rituels de crémation, on recourait au parfum des épices pour masquer l’odeur de chair brûlée (cannelle et safran surtout). De plus, la demande de poivre long était si forte que certains marchands mélangeaient volontairement les grains avec des baies de genièvre, beaucoup moins coûteuses. Il était même recommandé aux convives, lors des banquets, de porter des couronnes de safran afin de dissiper l’effet d’ivresse.

En Occident, les épices étaient appréciées pour leurs odeurs et saveurs mais d’autant plus pour leur dimension symbolique : issues de contrées chaudes et arides, elles étaient associées à l’élément feu, le plus noble des 4 éléments de la Création. De plus, provenant de l’Orient lointain, elles exhalaient un parfum d’aventure, un avant-gout du Paradis : le jardin d’Eden. La majorité des épices consommées en Europe médiévale provenaient d’Asie.

badiane (anis étoilé) chine

©LeMonde-Binette&Jardin

 

 

Badiane (ou anis étoilé), Chine

La badiane (ou anis étoilé) possède des arômes frais et chauds rappelant les saveurs de réglisse. L’épice, provenant de Chine, forme une étoile à 8 branches, d’où son nom, et on la trouve notamment dans le fameux mélange des « cinq-épices » ou « cinq-parfums » chinois (mélange de casse, clous de girofle, fenouil, baie de Szechuan et d’anis étoilé). En cuisine, on l'utilise le plus souvent en infusion ou dans les desserts.

 

 

Gousse de vanille, Mexique

gousse de vanille mexique

©ConcoursGénéralAgricole

La gousse de vanille, originaire du Mexique, a été découverte par les conquistadors espagnols au début du XVIème siècle. Les Aztèques la mélangeaient souvent aux boissons sacrées et au chocolat.

Cannelle de Ceylan, Sri Lanka

@terre_des_saveurs

 

 

Cannelle de Ceylan, Sri Lanka

Originaire d’un arbre de l’île de Ceylan, la cannelle est la seule épice issue d’une écorce et est l’une des plus anciennes épices utilisées par l’homme. Aussi appelée « insuline du pauvre » car utilisée depuis l’Antiquité pour ses bienfaits sur l’organisme.

 

 

 

Poivre maniguette (ou graine de Paradis), Côte d'Ivoire & Liberia

Poivre maniguette (ou graine de Paradis), Côte d'Ivoire & Liberia

@edouestfrance

Le poivre maniguette ou poivre de Guinée, originaire de la côte occidentale de l’Afrique, était encore appelé « graines de Paradis » car les acheteurs étaient persuadés qu’elles provenaient du Paradis terrestre, situé en Orient. Ses grains ont une saveur proche du poivre noir indien.

poivre timiz éthiopie

@lesepicentriques

 

 

 

Poivre Timiz, Éthiopie

Le poivre Timiz pousse lui à 2 mille mètres d’altitude sur les hauts-plateaux éthiopiens. Ses grains à la saveur chaude et piquante forment un petit épi allongé que les populations locales font toujours sécher au-dessus de l’âtre de leur maison.

Source : La fabuleuse Odyssée des épices d'Éric BIRLOUEZ, Jacques FLEURENTIN, Annick LE GUÉRER, Nolwenn HERRY

               Éditions Ouest-France

Source : La fabuleuse Odyssée des épices d'Éric BIRLOUEZ, Jacques FLEURENTIN, Annick LE GUÉRER, Nolwenn HERRY

               Éditions Ouest-France

Le saviez-vous ? #5 Le café

café

café

©Fourniresto

D'où vient le café, l'une des boissons préférées des français ? 

La légende veut qu'un berger d'Abyssinie (actuelle Éthiopie) ait remarqué l'effet énergisant de l’arbuste caféier arabica sur ses chèvres qui avaient consommé ses fruits. Le café est alors appelé K'hawah, signifiant « revigorant » en Arabe. Ses effets sont si puissants qu'un décret est voté pour interdire sa consommation mais le café étant si populaire et apprécié que les autorités l'ont annulé.

Depuis son apparition au XVIIème siècle [en Europe], les mots désignant le café se sont multipliés : cavé, kaffé, canua, kawa, caoua, caowan, kahwan, chaube... Mais le terme d’origine : Bunn (café en amharique éthiopien) n’a jamais rencontré de succès.

café turc

@shehrezads_foodinsta

 

 

 

Kahwa Arbi, Turquie

Le café turc se distingue par l’utilisation d’un café très finement moulu que l’on fait bouillir avec la cafetière traditionnelle « cezve » et se conclut par le rituel de la tasséomancie (interprétation de notre avenir en lisant le marc de café). Un proverbe turc dit que « Le café doit être noir comme l'enfer, fort comme la mort et doux comme l'amour ».  Cette boisson chaude est inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2013.

 

 

Kahwa arbi, Tunisie

kahwa arbi tunisie

©Wepost

Le café tunisien se différencie du turc par le degré de torréfaction obtenu avec le « zazwa » et de l’arôme de fleur d’oranger.

Kahweh baida, Liban

Kahweh baida

 

kahwew liban

Kahweh

Tasséomancie, Liban café

Tasséomancie

Le café est si ancré dans le patrimoine libanais que l’on dit même en plaisantant qu’un Libanais peut perdre sa nationalité s’il n’en boit pas ! Le café est lui servi par le « rakweh » et accompagné d’un verre d’eau (cf.deuxième image). C’est un véritable art de savoir quand s’arrêter de boire car il faut poser la coupelle sur le dessus de la tasse (avec le café et le marc de café restant), faire 3 cercles horizontaux et d’un geste vif, retourner la tasse avec la coupelle. On laisse la tasse ainsi pendant deux minutes pour ensuite la donner au lecteur ou à la lectrice de café qui interprète notre avenir (cf. troisième image). On note également le café blanc (« kahweh baida ») qui est une tasse d'eau bouillante parfumée à l'eau de fleur d'oranger. C’est un sédatif qui calme les nerfs et stimule la digestion, ne contenant ni café ni caféine.

Café dalgona, Corée du Sud

@dalgonacoffeeworldwide

 

 

 

Café dalgona, Corée du Sud

Originaire de Corée de Sud, le café dalgona se fait en frappant de la poudre de café instantané avec du sucre et de l’eau chaude jusqu’à obtention d’un crémage que l’on dépose sur le lait.

Attention car cette boisson est très sucrée (autant de sucre que de café instantané) !

 

cafe-hielo-lechoso

Café con hielo

©HosteleríaSalamanca

café carajillo

Café carajillo

@cakerockcafe

En Espagne, le café est une véritable institution. On vous sert un « cafe con hielo » soit votre café qui doit être versé dans un verre de glaçons ! Nous pouvons également retrouver le « cafe carajillo » qui est une recette traditionnelle nécessitant de faire chauffer le brandy, avec quelques grains de café et un zeste de citron, que l’on ajoute dans notre café. Cette boisson était à destination des soldats espagnols durant l'occupation espagnole de Cuba. D'abord en référence à « coraje » (« courage » en espagnol qui s’est transformé en « corajillo » puis « carajillo »).

Et vous, quel café allez-vous boire aujourd’hui ?

 

Le saviez-vous ? #4 Les escargots

escargot

escargot

@lescargot_autrement

L'élevage d'escargots remonte à l'Antiquité mais se popularise au Moyen-Âge. Considéré comme une viande maigre, il remplace la viande en temps de Carême. Au XIXème siècle, les restaurants parisiens généralisent ce plat avec la recette "à la bourguignonne".

Plat emblématique de la gastronomie hexagonale, l’escargot de Bourgogne est une espèce protégée en France. Il est ainsi massivement importé, principalement de Pologne, où il se fait de plus en plus rare également.

Le petit village angevin de Vauchrétien fête chaque année la Foire au Lumas, autre nom donné aux escargots. On y déguste non pas des escargots de Bourgogne mais des Petit-gris !

ampouleConseil de François-Régis GAUDRY, journaliste, auteur et critique gastronomique français, pour éviter de faire souffrir ces bêtes en les roulant vivantes dans du gros sel, ébouillantez-les pendant 6 minutes puis égouttez-les en les décoquillant avec une pique !

-----------------------------------------

En France, les escargots sont plutôt appréciés dans les restaurants et accompagnés d’un beurre à l’ail et au persil alors qu’au Maroc, les escargots sont très populaires et plutôt épicés ! Là-bas, on déguste les « boubouch » debout dans la rue, dans les vieux souks ou encore chez les marchands ambulants.

A Rome, on mange les « ciucamata » ou "lumache di San Giovanni" en sauce tomate parfumée à la menthe. Les œufs d’escargots sont consommés comme du caviar.

Au Liban, on cuisine les escargots pour célébrer le retour de la pluie, traditionnellement servis bouillis et accompagnés d’une sauce « tarator » (mélange de crème de sésame, jus de citron, ail et persil).

En Afrique de l’Ouest, on retrouve plutôt les « achatinidae », une famille d’escargots africains géants à coquille pointue.

Sate kakul, Indonésie

@ideusaharumahan

 

 

 

Sate kakul, Indonésie

 

 

 

Bobos, Ghana

bobos ghana

©Astier

ciumacata italie

@osterialasolfa

 

 

 

Ciumacata, Italie

 

 

 

Escargots sauce tarator, Liban

Escargots-Liban- sauce tarator

@180°

Boubouch Maroc

@healthysistersnl

 

 

 

Boubouch, Maroc

Le saviez-vous ? #3 La Chandeleur

galette - chandeleur

galette - chandeleur

@RégionBretagne

Mais d'où vient la fête de la Chandeleur ? 

Anciennement une fête païenne et latine où les croyants honoraient le dieu Pan en allumant des cierges, la Chandeleur, c’est-à-dire la « fête des chandelles », est devenue une fête judéo-chrétienne. Elle célébrait alors la purification de l’enfant Jésus, 40 jours après sa naissance (d’où le 2 février !).

De plus, le pape Gélase 1er accueillait les pèlerins de Rome avec des crêpes, symbole du soleil et des moissons abondantes, en vue du printemps approchant.

Appelée également "fête des chandelles" en raison de la forme ronde, la couleur symbolisant le disque solaire et le retour de la lumière de la crêpe.

--------------------------------------------------

La fameuse galette de blé noir bretonne ne fait son apparition qu’à partir du XIIIème siècle, avec les premières cultures de sarrasin, originaire d’Asie du Nord Est. Elle est depuis devenue un véritable emblème de la Bretagne. Grâce à l'arrivée de la farine blanche de froment, la galette se transforme en crêpe !

Certains pays comme le Luxembourg ne fêtent pas la Chandeleur avec des crêpes, mais le « Liichtmëssdag » où les enfants demandent des sucreries ou des pièces en tenant des lampions !

Notre crêpe nationale a aussi de nombreuses cousines tout autour du monde ..!

baghrir algérie

@les_nourmandises

 

 

 

Baghrirs, Algérie

 

 

 

Tamales, Mexique

Tamales, Mexique

@houstonsgotspice

Piadinas, Italie

@dani_e_sabiincucina5

 

 

 

Piadinas, Italie

 

 

 

Msemen, Maroc

Msemen Maroc

@dar.lmaghribiya

Dorayaki Japon

@kojimaya3

 

 

Dorayaki, Japon

 

 

 

Hirams plattär, Suède

Hirams plattär, Suède

@cookingout

Crumpets, Angleterre

@cotswoldflour

 

 

Crumpets, Angleterre