Saviez-vous que le pain d’épices est une invention chinoise qui faisait office de ration de combat à haute valeur énergétique pour les guerriers mongols ? 

Retour à l’antiquité

Il faut remonter à l’Antiquité au temps des Égyptiens pour retrouver les premières références au pain d’épices, un pain cuit enduit de miel additionné d’herbes aromatiques et de quelques épices.

Chez les Grecs, son ancêtre est le melitounta et se compose de plusieurs farines et de miel. On l’appelle également panis mellitus chez les Romains. Dans la mythologie de ces peuples, le miel était considéré comme un cadeau des dieux et était ainsi utilisé pour ses effets curatifs et vivifiants notamment chez les Égyptiens qui embaumaient leurs morts d’un mélange de miel et de propolis.

Un homme s’affaire à sortir les rayons de miel (Nina de Garis Davies : 1881-1965)

Arrivée en Europe

 Le Xe siècle est marqué par l’apparition de ce qui rapproche le plus du pain d’épices actuel. C’est en Chine qu’est mis au point le « Mi-kong », pour les empereurs de la Dynastie Tang. Les soldats mongols faisaient de ce pain de miel cuit au four relevé de plantes aromatiques et d’épices d’Orient une ration énergétique lors de leurs combats. Ce sont les cavaliers de Gengis Khan qui répandront le Mi-Kong au Moyen-Orient, où ce dernier sera adopté par le peuple arabe.

Lors des Croisades du XIIème et XIIIème siècles, les Européens découvrent le pain d’épices et décident de rapporter la fameuse recette et les épices dans leur royaume. C’est ainsi que le pain d’épices se diffuse à travers l’Europe par d’importants réseaux de moines cisterciens qui en font un gâteau sucré aux vertus médicinales. Mais c’est surtout en Allemagne, et particulièrement à Nuremberg que le fameux pain d’épices (« Lebluchken » mentionné en 1395) s’installe durablement.

 

Développement du pain d’épices en France

 On voit ainsi apparaitre des « pains d’épiciers », véritable maîtres pâtissiers du pain d’épices, qui doivent faire preuve d’un savoir-faire unique et être capable de trouver les épices nécessaires à la fabrication de ce dernier. Ces « pains d’épiciers » font leur apparition à Reims au XIVème siècle, qui deviendra rapidement le centre de fabrication du pain d’épices en France. Les pains d’épices de Reims deviennent rapidement les plus prisés du royaume. Face à leur succès grandissant, Henri IV octroie à ces « pains d’épiciers » le statut de corporation qui aura pour emblème l’ours au bretzel. Les maîtres pains d’épiciers alsaciens deviennent si réputés qu’il leur est interdit en 1643 de cumuler les titres de boulangers et de pains d’épiciers.

Le pain d’épices voit sa recette évoluer en fonction des régions. Lorsque qu’il arrive en Europe, on additionne au pain d’épices toutes sortes d’épices rares et onéreuses à cette époque : clou de girofle, noix de muscade, gingembre ou encore cannelle. C’est cette rareté, son coût et son processus de fabrication complexe qui feront du pain d’épices en ce temps un mets prisé par la noblesse, un mets symbole de richesse et de puissance.

Au fil du temps, le pain d’épices devient populaire notamment grâce à la baisse du coût des épices dans toute l’Europe, mais également en Amérique du Nord lorsque celui ci est apporté par les colons européens.

En 1940, c’est près de 25 tonnes de pain d’épices qui sont produites quotidiennement dans les différentes fabriques françaises. Cette production chute brusquement après la guerre, mais celui-ci reste néanmoins aujourd’hui un des piliers de la pâtisserie alsacienne. Le pain d’épices continue de trôner sur les tables des foyers français au moment des fêtes.

Le pain d’épices devient alors une des friandises préférées des Français et, de ce fait, des fêtes. Il est la star de la foire du trône, foire qui s’appelait à son origine la foire au pain d’épices.

@michelle_purin

Bonhomme de pain d’épices

Originaire d’Angleterre, la légende raconte que c’est la reine Elizabeth I au XVIème siècle qui a eu l’idée de donner aux biscuits une forme humaine donnant ainsi naissance au bonhomme de pain d’épices. Ces biscuits étaient ainsi décorés avec du glaçage laissant apparaître un visage et des vêtements, puis ils étaient offert à ses invités en visité à sa cour. Le conte du petit bonhomme de pain d’épices viendra renforcer cette tradition.

@Croatia.hr

L’art du pain d’épices croate

Au nord de la Croatie, sont fabriques les licitar, des pains d’épices en forme de coeur . Ils peuvent être utilisés comme décoration ou bien être dégustés avec des boissons à base de miel appelées medica et gvirc, vendues lors des fêtes. « L’art du pain d’épices en Croatie du Nord » a été inscrit en 2010 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

@Cookidoo

La spécialité aixoise

Le printen est une spécialité de Noël d’Aix-la-Chapelle (Aachen) que l’on retrouve au sein de la communauté germanophone dans l’Est de la Belgique. C’est une variante des couques de Dinant (une spécialité belge) qui diffèrent par leur formes et motifs (printen = empreinte). Ces biscuits fins et rectangulaires facilitent sa consommation. Ils se composent de farine, de sucre, de cassonade et d’épices.

@Kamis.pl

La version polonaise 

Le piernik correspond à notre pain d’épices en Pologne et fait également partie des friandises des fêtes de Noël. Au Moyen-Âge, on les appelait Miodownik, mais lorsque des épices orientales et notamment du poivre ont été ajoutés à la recette, le fameux gâteau a ainsi été renommé piernik (pierny = poivre en polonais). Le pain est généralement recouvert d’un glaçage au chocolat noir et certaines versions ajoutent des écorces d’orange confite ainsi que des amandes.