[ANGOLA] La recette du muamba par Enola

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

 

Enola et sa mère

 

Présente-nous une recette traditionnelle qui te tient à cœur…

"Le Muamba, c’est une sorte de ragout de volaille avec des épinards, des gombos, de l’huile de palme et il se mange avec du pirao. C’est une sorte de polenta fait avec de la farine de manioc."

 

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

"C’est ma mère et mes tantes qui me l’ont appris lors des repas de famille."

 

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

"Oui on préparait souvent ce plat toutes ensemble dans la cuisine lors de retrouvailles, c'était très sympa puisqu’on ne se voyait pas très souvent et on faisait souvent ce plat en grande quantité puisqu’on était très nombreux."

 

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

"Oui évidemment, il diffère selon les régions d’Afrique, s’appelle parfois « Foufou ». Peut-être avec de la farine de maïs aussi."

 

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

"Je pense qu’il est plutôt ancien, le plat est en effet décliné de différentes façons en fonction des régions d’Afrique, cette version que je connais nous vient de l’Angola, pays d’origine de ma mère."

@Ethinkka

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

"C’est un plat qui se mange souvent en famille ou en grand nombre puisqu’il est difficile d’en faire en petite quantité, et c’est le plat principal d’un repas."

Existe-t-il des rituels de consommation de ce plat ?

" Il n'y pas vraiment de rituel, mes sœurs et moi l’avons mis à notre "sauce" en mangeant le reste de sauce justement avec du pain comme on a l’habitude de faire en France. Mais comme la purée est déjà assez consistante ce n’est pas nécessaire (rires)."

 

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

"Je suis aussi française et bretonne surtout, alors c'est sûr mes enfants grandiront en mangeant des galettes de sarrasin et des crêpes."

 

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

"C’est un réel moment de convivialité, on peut se retrouver autour de la table et passer un bon moment, ça renforce vraiment les liens."

Ingrédients

  • Oignons
  • Tomates
  • Épinards
  • Gombos
  • Poulet
  • Ail
  • Citron
  • Sel

Pour le pirão

  • Farine de manioc
  • Eau

 

@amesaportuguesa

Étapes 

  1. Émincer les oignons et les tomates
  2. Les faire revenir dans une casserole avec de l’huile d’olive
  3. Faire mariner le poulet environ 1h avec de l’huile d’olive, de l’ail, du citron et du sel
  4. Ajouter la viande dans la casserole avec la garniture
  5. Faire cuire quelques minutes
  6. Mouiller à hauteur avec de l’huile et rajouter 300g d’huile de palme
  7. Laisser mijoter jusqu’à ce que la viande soit cuite et fondante
  8. Rajouter les épinards préalablement lavés dans la casserole et quelques gombos coupés en rondelles
  9. Refermer avec un couvercle jusqu’à passer à table

Vous pouvez manger ça accompagné de riz blanc ou de pirão. C’est la purée faite à base de farine de manioc.

Pour le préparer, faire bouillir de l’eau, ajouter la farine de manioc et mélanger très fort avec une cuillère en bois.

Dès qu’il n’y a plus de grumeaux et que la mixture forme une pâte lisse et homogène c’est prêt !

 

BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Petit gâteau portugais qu’on appelle « pasteis de nata »

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner (réels ou fictifs, vivants ou décédés) ?

Mes grands-parents qui habitent au Portugal, Gad Elmaleh et Beyonce.

Ta « world food » préférée ?

Je suis fan de Sushi et nourriture asiatique.

Un restaurant à nous conseiller ?

Là ou je travaille bien sûr, ça s’appelle Accents à Paris.

Je découvre Ursino

Je fais un don à Konstelacio

Une phase libanaise du projet Ursino couronnée de succès !

Deux semaines ...

C'est le temps que nous avons passé à Beyrouth où nous avons enfin mené à bien le projet Ursino avec des élèves particulièrement motivés. Quel bonheur, après 2 ans et demi d'attente, de découvrir avec eux le patrimoine culinaire libanais, de parler de ses délices sucrés et salés, de s'émerveiller de l'Histoire et des histoires, du Liban autant que de ses plats emblématiques!
Jamais ils n'auraient imaginé que le taboulé libanais n'existait que depuis 200 ans environ, ou encore que la tomate avait été apportée au Liban par les Anglais, que le citron de la fameuse citronnade, du houmous ou encore de la sauce tarator venait à l'origine du Cachemire ! Et pourtant...

Plus que jamais, nous sommes convaincus de l'importance de ce projet qui amène les adolescents (et les adultes qui les entourent) à se rendre compte que nos cultures ont toujours été le fruit de la diversité et que cette dernière peut être une incroyable source de richesse.

Un projet riche en rebondissements

Nous avions lancé cette phase libanaise du projet Ursino en octobre 2019 et avions été aussitôt stoppés par la révolte populaire qui a commencé dès notre arrivée. Depuis, les élèves nous attendaient avec impatience. Nous avions donc bien l'intention d'y retourner en mars 2020 mais c'était sans compter sur la crise sanitaire, puis l'explosion du port beyrouthin en août 2020.

Pour nous c'était frustrant, pour ces adolescents c'était d'une violence que nous ne pouvons même pas imaginer.

Notre mission était donc cette fois encore bien évidemment de les sensibiliser à la diversité culturelle, de les encourager à dialoguer avec leur communauté et leurs anciens, de s'intéresser à l'Histoire de leur alimentation mais aussi de leur apporter un peu de soleil, de joie et de les mettre en lien avec le monde. Ce même monde qui leur est actuellement si difficile d'accès avec la crise économique monumentale que subit le Liban.

Cela nous ramène à la raison d'être initiale de Konstelacio: amener le monde aux enfants quand ceux-ci n'ont pas la chance de pouvoir voyager facilement.

Ce que nous retiendrons de cette expérience extraordinaire...

  • Les yeux des élèves qui brillaient de curiosité et de motivation,
  • Leur implication dans ce projet, malgré le contexte et le calendrier (nous avons terminé le dernier jour de classe avant le passage du brevet!),
  • L'accueil incroyable que nous ont réservé les Libanais, et particulièrement Eva Maria, enseignante de l'école, qui nous a invités dans sa famille dans les montagnes et a pris le temps de nous raconter la cuisine libanaise en détail,
  • La sagesse et la gentillesse de Madame Nayla Khoury Daoun, directrice de cette école inclusive. Une rencontre de celles qui vous marquent et qui vous inspirent gratitude et humilité,
  • La rencontre des élèves avec notre ambassadeur, le Chef Youssef Akiki, au parcours sidérant, tout autant que peut l'être sa modestie. Il leur a même proposé de faire un stage dans son restaurant. Un immense merci à lui pour sa disponibilité!
  • La patience, la réactivité et l'expertise de Mabelle Chedid de la Food Heritage Foundation, qui a vérifié, complété, enrichi les recherches historiques de nos élèves,
  • Et bien sûr, notre belle équipe, diverse, soudée, complice...

En conclusion

Comme il est difficile de vous transmettre pleinement toutes les émotions que nous avons ressenties, à quel point nos élèves étaient touchants de curiosité, notre émerveillement devant ce peuple qui souffre tant depuis si longtemps et qui malgré tout est d'une générosité sans pareille. En somme, nous peinons à trouver les mots pour vous faire ressentir à quel point nous sommes transportés par cette aventure humaine vibrante.

Nous tenterons néanmoins de le faire dans les semaines à venir avec les vidéos réalisées par notre réalisateur préféré, Simon Guyomard (Spoon Productions).
Nous nous attelons désormais au montage des capsules vidéo de nos élèves (de Saint Brieuc et de Beyrouth) et à la préparation de la suite de nos aventures, à Lyon, au Maroc et en Irlande.

Alors comme le disent nos amis anglophones... Stay tuned!

Ursino – Retour sur une première semaine haute en saveurs avec nos élèves libanais

Le Liban, ce pays plein de saveurs, de traditions et de sourires...

Cheikh el mehchi, mjaddara, kechek, tabbouleh, houmous, meghlé, fatayer, sanboussik, moussaka, mloukhieh, chiche barak...

Vous n'y comprenez pas grand chose? Nous non plus au départ. Et pourtant...
Ces quelques plats ne sont qu'un amuse-bouche dans la découverte sans fin des traditions culinaires libanaises. Nos élèves ont collecté ces recettes et de nombreuses autres, nous faisant voyager dans leur culture avec délice.

Nos élèves libanais sont un peu plus âgés que d'habitude. Ils ont une quinzaine d'années au lieu de 13 ans. En effet, ils nous attendaient avec impatience depuis deux ans et demi, prêts à reprendre le projet Ursino là où nous l'avions commencé avant d'être stoppés net par la révolution de 2019. Depuis, leur pays rencontre une crise désastreuse où l'inflation, la pauvreté et l'injustice pèsent quotidiennement sur la population.

Ces jeunes ont l'incroyable chance d'être scolarisés à l'École des Trois Docteurs, école privée orthodoxe située dans le quartier beyrouthin de Gemmayze, qui a pour raison d'être l'éducation inclusive et indifférenciée, mélangeant les élèves avec et sans troubles de l'apprentissage. L'équipe enseignante est formidable et porte avec courage et une énergie sans pareils son projet éducatif malgré la situation actuelle du pays et les difficultés que celle-ci implique.

Cette semaine, nous avons ainsi mené nos ateliers avec les élèves qui ont montré une grande motivation et une belle curiosité. Ils nous ont parlé de leur culture culinaire et ont mené des recherches historiques sur l'origine des ingrédients et des plats typiques libanais. Nous avons également eu le privilège d'accueillir à l'école le Chef Youssef Akiki, ambassadeur libanais d'Ursino, qui a parlé à nos élèves avec passion de son métier et de cuisine libanaise. Elève d'Alain Ducasse, chef personnel d'un prince saoudien, aujourd'hui propriétaire du restaurant Brût... Youssef Akiki est une personne hors normes avec un parcours exceptionnel. Il a même proposé aux élèves de venir faire un stage dans son restaurant, ce qui a mis des étoiles dans les yeux de nos adolescents déjà si curieux!

Les recherches historiques menées par les élèves sont actuellement entre les mains expertes de la Food Heritage Foundation qui les relit, les vérifie et les complète avant que ceux-ci ne préparent leurs textes pour partager tout ce travail en vidéo cette semaine.

En attendant, notre petite équipe continue ses découvertes culinaires avec une guide exceptionnelle, Eva Maria, enseignante de l'école, qui nous a accueillies avec générosité dans sa famille à la montagne pour le week-end. L'occasion de voir "en vrai" certains plats évoqués par nos élèves, mais également de découvrir les pratiques culturelles et culinaires locales: le potager, la préparation de conserves et confitures maison, le narguilé digestif en fin de repas, le arak maison (boisson anisée typique), le barbecue, la préparation des bouquets de persil plat pour le taboulé... La liste est longue !

Nous sommes pleines de gratitude devant tant de gentillesse et de générosité !

La suite dans quelques jours, quand nos élèves auront préparé leurs vidéos et que nous serons rejointes par Simon, notre fidèle ami et réalisateur.

De retour au Liban pour Ursino …. 3 ans après

Ursino au Liban

Nous y voici enfin ! Depuis 2019, nous attendions avec patience (ou impatience) de pouvoir retourner au Liban continuer le projet Ursino démarré sur place.

Charlotte Courtois, coordinatrice du projet, est arrivée à Beyrouth le mardi 15 octobre 2019, comme la petite Arwenn de notre livre « prête à repartir à l’aventure ». Et quelle aventure… !
Premier atelier avec nos élèves dès le jeudi matin puis Jojo, notre ancienne présidente et bénévole arrivait le soir.
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu...
Vous en avez sans doute entendu parler, la révolution libanaise a éclaté, ou peut-être devrais-je dire fleuri, ce même soir. Un peuple à bout qui descend dans les rues pour dire stop à de nombreuses choses, notamment à la corruption. Et nous au milieu. Dans la foule en liesse, au milieu des DJs, des jeunes femmes offrant des fleurs aux militaires, des jeunes et moins jeunes arborant fièrement le drapeau de leur pays, avec tant d’espoir.

Nous avons vécu des moments extraordinaires mais n’avons pas pu mener à bien notre projet, les écoles étant fermées pendant tout le reste de notre séjour.

En mars 2020, nous pensions repartir. Et puis la crise sanitaire a montré le bout de son nez. En août 2020, la capitale libanaise a tristement fait la une des actualités, avec l’explosion horrifiante de son port qui a ravagé la ville. Notre partenaire, l’Ecole des Trois Docteurs, se situant à 600m du port, s’est retrouvée en ruines. Et le coronavirus qui durait… Le Liban se trouve aujourd’hui dans une situation de crise sans pareille.
Mais inspirés par la résilience formidable du peuple libanais, nous avons attendu, préparé, rêvé ce retour.

Aujourd'hui, nos élèves nous attendent pour collecter des recettes, mener des recherches historiques, préparer leurs vidéos… Les mêmes élèves avec qui nous avions lancé l’opération en 2019 et qui, depuis, demandaient quand aurait lieu la suite !

 

Restez connectés pour suivre la suite de nos aventures sur Instagram ou Facebook !

 

2 850€ collectés par nos ambassadeurs !

Du 4 au 24 avril, 42 étudiants de NEOMA Business School, ont collecté des dons pour que Konstelacio puisse mener à bien le projet Ursino dans le cadre du projet Bridge2Build. 

Nous avons lancé il y a un mois le tout premier challenge éducatif et caritatif de Konstelacio en partenariat avec le NEOMA MSc Entrepreneurship & Innovation (soutenu par KPMG France) et Lokalero.

Les étudiants du cours d'Inclusive Entrepreneurship (porté par Ravi Shankar Pandey et Mehdi Bagherzadeh) ont, ces dernières semaines, utilisé des "bracelets connectés" imaginés et produits par Lokalero pour collecter des dons pour Konstelacio afin de participer à financer notre projet Ursino. Le concept est simple et efficace : des bracelets munis de QR codes qui mènent directement à la page de collecte de dons.

Et puisque chez Konstelacio on aime la coopération, ils ont travaillé en équipes et ont imaginé des stratégies innovantes de collecte et de communication.

C'est donc pendant 3 semaines, que le message de Konstelacio a pu être porté par ces 42 ambassadeurs. Certains étudiants ont mené des campagnes sur les réseaux sociaux, d'autres sur les écrans des campus de l'école, et certains ont même organisé des goûters dans les rue de Rouen pour attirer du monde.

 

Bilan de l'expérience ?

C'est avec l'aide de 210 donateurs que nos étudiants ont collecté 2 550€, montant auquel s'ajoutent 300€ que Neoma Business School a décidé d'abonder à la fin du challenge.

Total de cette expérience innovante, unique et riche en émotions : 2 850€, qui permettront à Konstelacio de sensibiliser les jeunes au dialogue entre les cultures avec le projet Ursino.

Ursino, c'est un projet mené dans 9 pays pour montrer aux adolescents, grâce à l'étude des traditions culinaires, que nos cultures ont toujours été le fruit de la diversité.

 

Lokalero propose un suivi statistique des dons collectés par bracelet sur la plateforme GiveXpert - Collecte Peer-to-peer, ce qui nous a permis de mettre en place de belles récompenses qui ont motivé les étudiants tout au long du challenge.

Un immense merci à Champagne Nicolas Feuillatte, à Grain de Sail, à Bedycasa et à Dream Act pour le généreux don de ces récompenses.

Cette collecte de dons agile que propose Lokalero, nous a permis nous, en tant qu'association, de mobiliser largement, de manière moderne et dynamique et de gagner en visibilité. Les étudiants ont dû lors de leur évaluation finale, faire des recommendations qui permettront à l'association d'avancer et mettre en place d'autres beaux partenariats pleins de sens.

 

Alors si vous aussi vous croyez à la richesse que représente notre diversité.
Si vous aussi vous trouvez formidable que les jeunes s'engagent pour un monde plus juste et respectueux.
Si vous aussi vous avez envie d'avoir un impact positif pour une société ouverte et tolérante.

Faites un don !

 

 

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[FRANCE] La salade au lard de Papi Henri

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Henri est fils d’agriculteur. Il vient du petit village de Jonval dans les Ardennes.  Il partage avec nous une vieille recette traditionnelle, celle de la salade au lard, à base de pissenlits.

 

Présente-nous une recette traditionnelle qui te tient à cœur…

"La salade au lard. C’est à base de pommes de terre, de lardons et de salade cuite. En principe on la prépare avec des pissenlits mais on peut faire autrement (même si c’est moins bon !). C’est une recette typique des Ardennes que je mangeais beaucoup quand j’étais petit !"

 

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

"À l’époque c’était Stacha, ma belle-mère, qui préparait ce plat. Une fois que je me suis marié, c’est Mamie (Jeannine, sa femme) qui en faisait. Elle n’en faisait pas très souvent mais régulièrement quand même. Il faut dire que c’est un plat de saison, qu’on ne fait généralement que quand il y a des pissenlits."

Stacha, la belle-mère d'Henri

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

"Je n’ai pas de souvenirs particuliers non, mais c’était quand même drôlement bon à manger ! On allait ramasser les feuilles de pissenlit dans les champs. Dans les prés on les cueillait en priorité sur les petites mottes de terre parce que la partie blanche était plus importante. C’est vraiment la meilleure partie du pissenlit. Il fallait que ce soient des jeunes pousses. Il est préférable de les cueillir avant qu’il n’y ait des fleurs, quand la feuille est encore tendre."

 

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

"Oh, c’est un plat ancien ! Je ne crois pas qu’il soit en train de disparaître parce que quand je vais me promener je vois encore des gens qui ramassent les pissenlits. On en fait beaucoup moins, c’est sûr, mais je pense que ça se fait encore. C’est un plat bien ardennais mais peut-être pas seulement. Ici par exemple, à Saint Quentin (02), ils en font aussi."

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

"On peut remplacer les pissenlits par de la scarole (ndlr : Jeannine utilisait de la scarole du jardin qui avait monté et était un peu plus amère). C’est une salade qui est dure donc qui tient bien à la cuisson. On peut également mettre de la roquette. Quand Mamie (sa femme) faisait de la salade au lard, c’était naturellement, selon la recette normale. Je n’ai jamais goûté d’autres versions."

 

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

"C’était un plat normal, qu’on pouvait manger n’importe quand, ce n’était pas un plat de fête. On le mangeait avec du pain, c’est tout !"

 

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

"La tarte au sucre bien sûr. Mémère faisait aussi des gâteaux mollets. Ça ressemblait un peu à des brioches, c’est typique de mon petit coin des Ardennes !"

Tarte au sucre @yumelise

 

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

"Pour moi la cuisine ça représente la qualité de vie ! C’est un ensemble, un tout, avec de bons produits, de bonnes pommes de terre du jardin, sans produits chimiques (sinon autant aller au supermarché !), ça change tout !"

Ingrédients

  • Du beurre ou du saindoux ou de la margarine
  • 1 sac de pissenlits (ou si vous n’en avez pas, de la roquette)
  • 4 tranches épaisses de lard fumé
  • 1 tranche épaisse de lard maigre
  • 2 oignons
  • 4 échalotes
  • 3 gousses d’ail
  • 6 cuillères à soupe de vinaigre
  • 1 verre d’huile

@marmiton

Étapes

  1. Faire cuire les pommes de terre épluchées à l’eau.
  2. Couper le lard en lamelles.
  3. Mettre le beurre/saindoux/margarine puis faire revenir le lard. Une fois cuit, ajouter les oignons émincés et les échalotes puis les pommes de terre cuites et grossièrement écrasées. Saler et poivrer.
  4. Ajouter l’ail émincé, le vinaigre et l’huile.
  5. Bien remuer et laisser mijoter une demi-heure.
  6. Servir chaud.
BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Les mokas de Mémère Stacha ! Et puis les petits déjeuners quand j’étais jeune. On se levait de bonne heure, on prenait un café avec une tartine au beurre, on allait soigner les bêtes et 2 heures après on revenait et on faisait des œufs au bacon avant de partir travailler dans les champs.

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner (réels ou fictifs, vivants ou décédés) ?

Mamie (Jeannine, sa femme), bien sûr ! Et Bernard et Pierrette, son frère et sa sœur. On s’entendait tellement bien ! Il n’y avait jamais de conflit, on riait bien ensemble !

Ta « world food » préférée ?

La choucroute alsacienne et les spécialités mexicaines.

Un restaurant à nous conseiller ?

Les 3 brasseurs à Saint Quentin. On y mange toujours bien !

 

Henri et sa femme Jeannine en 1987

Invitation à l’Assemblée Générale de Konstelacio 2022

 

Nous avons le plaisir de vous convier à l’Assemblée Générale de Konstelacio pour l’exercice 2021 !

Nous aurons l’occasion d’échanger sur la situation actuelle de l’association, sur l’avancée du projet Ursino et sur notre visio pour l’année qui vient de commencer. 🌍

Comme l’année dernière l’AG aura lieu en visioconférence, via la plateforme Google Meet. Ce format offre la possibilité aux adhérents éloignés de participer à ce temps fort (et convivial) de Konstelacio ! Ceux ayant répondu présents par mail recevront un lien d’accès à la réunion ainsi que toutes les informations nécessaires pour se connecter.

Notez la date dans vos agendas dès maintenant ⏰ et confirmez-nous votre présence par email !

 

🗓 Vendredi 1 avril 2022 à 18h30

🔗 En visioconférence sur Google Meet, le lien sera donné ultérieurement 

 

Ordre du jour 📚

 

  • Point sur la situation actuelle de Konstelacio
  • Rapport d’activité 2021
  • Rapport moral 2021
  • Rapport financier 2021
  • Plan d’action 2022
  • Plan de trésorerie 2022
  • Candidatures et élection des membres dirigeants
  • Temps d’échanges
Pour rappel

L’AG est ouverte à tous mais seuls les membres à jour de leur cotisation peuvent voter. Vous pouvez adhérer ou renouveler votre adhésion en ligne ICI ou régler votre cotisation 2021 en amont de la réunion par chèque, à l’ordre de Konstelacio, 7 Rue Isaac le Chapelier 35000 Rennes.

 

 

Merci de nous faire part, le plus tôt possible, de votre participation ou non à l’Assemblée Générale, par retour de mail ✉️
N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire.

 

Notre très belle équipe !

Konstelacio ce sont 8 membres dirigeants, une coordinatrice, une chargée de communication, une soixantaine d’adhérents et une quinzaine de bénévoles très motivés.

Venez les rencontrer à l’Assemblée Générale vendredi 1 avril 2022 à 18h30 en visio !

 

Nous attendons avec enthousiasme vos retours, en espérant vous (re)trouver nombreux/ses derrière vos écrans !

Le saviez-vous ? #12 Le baklava

@syedfhashemi

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir les origines d'un plat, d'un dessert, d'un ingrédient à travers nos articles Le Saviez-Vous ?

Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Saviez-vous que le baklava turc est enregistré au registre européen des appellations d’origine protégée ?

L'histoire de cette délicieuse friandise est assez controversée et malheureusement peu documentée. De nombreux peuples tels que les Grecs, les Turcs et les habitants du Moyen-Orient revendiquent le baklava et le préparent ainsi à leur manière.

Une version de l'histoire prétend que le baklava trouve son origine chez les Assyriens (ancienne région du nord de la Mésopotamie), qui le préparaient déjà au 8ème siècle avant JC en superposant du pain plat sans levain et des noix hachées, en l'arrosant de miel et en le faisant cuire dans des fours à bois.

Le baklava moderne a connu un certain nombre d'évolutions au fur et à mesure de l'Histoire de la région. Le Moyen-Orient, la Méditerranée orientale, les Balkans, le Caucase, les Turcs, les Arabes, les Grecs, les Arméniens et les Bulgares d'aujourd'hui sont autant de peuples qui ont fait partie de l’Empire ottoman et définissent aujourd’hui le baklava comme leur dessert national.

L'empire ottoman

Il est indéniable que le dessert que nous consommons aujourd'hui a été perfectionné par l'Empire ottoman au XVe siècle, après l'invasion de Constantinople (l'actuelle Istanbul). Et pendant plus de cinq cents ans, les cuisines du palais impérial ottoman de Constantinople sont devenues le centre culinaire suprême de l'empire. Les rapports les plus anciens sur le baklava sont présents dans les carnets de cuisine du palais de Topkapı (Istanbul). Selon ce rapport, le baklava a été cuit dans le palais en 1473. Cette friandise, qui était à l'origine une simple pâtisserie, est devenue un dessert qui nécessitait une certaine délicatesse pour plaire aux dignitaires et aux riches.

Jusqu'au 19e siècle, le baklava est alors considéré comme un luxe, que seuls les très riches peuvent se permettre. Aujourd'hui encore, l'expression "je ne suis pas assez riche pour manger du baklava tous les jours" est très courante en Turquie. Les gens ne préparaient des baklavas que pour les grandes occasions, les événements religieux ou les mariages.

Carte de l'Empire Ottoman ©Les éditions des chavonnes

Influence des différentes civilisations sur le baklava

Bien que les origines exactes du baklava restent controversées, il est indéniable que sa recette a été modifiée chaque fois qu'un vent de changement soufflait sur le Moyen-Orient ou le Proche-Orient. La région a vu défiler un grand nombre des plus anciennes cultures et civilisations du monde, chacune d'entre elles adaptant le baklava à ses préférences.

Pâte phyllo © joannawnuk

L'influence grecque

Les marins et marchands grecs qui se rendaient en Mésopotamie ont rapidement découvert les délices du baklava. Ils ont rapporté la recette à Athènes et y ont contribué en créant une technique de pâte qui a permis de la rouler aussi fine qu'une feuille, par rapport à la texture rugueuse de la pâte assyrienne. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui ont inventé le nom "Phyllo", qui signifie "feuille". La pâte filo trouve ses racines à l'époque byzantine.

L'influence arménienne

Lorsque les marchands arméniens ont découvert le baklava à la frontière orientale de l'Empire ottoman, sur les routes des épices et de la soie, ils ont intégré la cannelle et le clou de girofle au baklava.

Clou de girofle et Cannelle

Rose et fleur d'oranger

L'influence arabe

Plus à l'est, les Arabes ont introduit l'eau de rose et l'eau de fleur d'oranger. De tous les pays du Moyen-Orient, c'est notamment au Liban que l'on attribue la plus grande contribution au baklava.

L'influence perse

En Perse, des pâtissiers renommés depuis l'Antiquité ont inventé le baklava en forme de losange qui contenait une farce aux noix parfumée au jasmin. Au 6ème siècle, siècle, cette friandise a été introduite à la cour byzantine de Justinien Ier à Constantinople.

Noix et Jasmin

L'influence turque

Alors que les Ottomans envahissaient Constantinople à l'ouest, ils étendaient également leurs territoires orientaux pour couvrir la plupart des anciennes terres assyriennes et l'ensemble du royaume arménien. Les cuisiniers et pâtissiers qui travaillaient dans les palais ottomans ont énormément contribué à l'interaction et au raffinement de l'art de la cuisine et de la pâtisserie d'un empire qui couvrait une vaste région. Vers la fin du XIXe siècle, de petites pâtisseries ont commencé à apparaître à Constantinople et dans les principales capitales provinciales pour répondre aux besoins de la classe moyenne.

Origines du mot Baklava

Tout comme il existe des divergences quant à la source de la célèbre pâtisserie, l'origine du mot baklava est également contestée. Il est entré dans la langue anglaise en 1650.

Les étymologistes turcs revendiquent son origine (baklağı ou baklağu) ; tandis que certains disent que baklava pourrait venir de la racine mongole baγla- qui veut dire "attacher, envelopper, empiler".

Le nom baklava est utilisé dans de nombreuses langues avec des variations phonétiques et orthographiques mineures. Dans le monde arabe, on utilise baqlawa/baklawa, alors que les Grecs l'appellent baklava.

Le Baklava que nous connaissons aujourd'hui

Le baklava est populaire dans tout le Moyen-Orient, mais aussi dans d'autres pays et cultures qui le préparent avec des variantes différentes :

Au Liban, le baklava est fait de feuilles de pâte phyllo remplies de noix (pistaches, noix, noix de cajou, pignons, amandes) et trempées dans du sirop "Atir" (ka-tr) fait d'eau de fleur d'oranger et d'eau de rose, de sucre et d'eau. Il est coupé en une variété de formes triangulaires, rectangulaires, en losange ou carrées.

La ville de Tripoli au Liban est célèbre pour ses baklavas.

 

@feelgoodfoodie

En Turquie, le baklava est traditionnellement fabriqué en remplissant entre les couches de pâte des pistaches, des noix, des amandes ou une préparation spéciale appelée kaymak (une crème de lait, semblable à de la crème fouettée).

La ville de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, est célèbre pour son baklava à la pistache et est considérée comme sa ville natale.

 

@salshiophotography

En Iran, une version plus sèche du baklava est cuite et présentée en petites coupes en forme de diamant aromatisées à l'eau de rose. Les villes de Yazd et Qazvin sont célèbres pour leur baklava, qui est largement distribué en Iran.

Le baklava perse utilise une combinaison d'amandes et de pistaches hachées, épicées avec de la cardamome et un sirop parfumé à l'eau de rose, et est plus léger que les versions du Moyen-Orient.

@dumplingsandmore

Appellation officielle

Contestées, les origines du baklava font l'objet de nombreuses tourmentes et c'est tout naturellement que les autorités turques ont publié une série de critères pour que le baklava bénéficie de l'appellation officielle. L'Institut turc des normes (TSE) a précisé le 19 février 2015 les règles à respecter pour que tout commerçant voulant faire des baklavas puisse se voir attribuer le précieux label.

"Il doit présenter une couleur et un aspect dorés comme le veut la tradition, son sirop ne doit pas être trop épais, il ne doit pas provoquer de sensation de brûlure dans la gorge et fondre dans la bouche sans qu'il soit nécessaire de mâcher"

De plus, chaque baklava doit avoir une épaisseur minimale de 35 mm.

Le baklava de Gaziantep est le premier produit turc à avoir obtenu le statut très recherché d'appellation protégée de l'Union européenne (UE).

Sources

The Horizon Cookbook and Illustrated History of Eating and Drinking though the Ages, 1968

Oxford Companion to Food, Alan Davidson, 1999

 

[FRANCE] Le boeuf mode par le chef Jean-François Bury

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Après 15 ans d'expérience dans les plus grands palaces parisiens et un titre de Champion du Monde Traiteur, Jean-François Bury se lance dans l'aventure Top Chef sur M6 et se fait ainsi connaître du grand public. Après l'émission, il lui tarde de retourner en cuisine et il ouvre avec sa femme Anaïs son propre restaurant en 2018 à Nanterre : Cabane, une adresse que tout le monde s'arrache dans l'ouest parisien.

Il nous a fait l'honneur et le plaisir de nous accorder une interview Ursino autour d'un plat français emblématique : le bœuf mode de sa grand-mère.

Présentez-nous une recette traditionnelle qui vous tient à cœur…

"J’ai décidé de parler du bœuf mode. C’est un plat de grand-mère, le fameux bœuf carottes du dimanche."

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

"C’était un plat de ma grand-mère. À l’époque j’étais trop petit pour apprendre à le faire. Ma mère l’a ensuite repris. C’est elle qui me l’a transmis et en apprenant à être chef j’y ai apporté mes propres touches. Par exemple, j’utilise des modes de cuisson différents comme le sous-vide qui permet d’avoir une viande moins sèche que quand elle cuit pendant des heures."

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

"Ce sont souvent des plats qui rassemblent. C’est un plat-partage ! Ma grand-mère ne le faisait bien sûr jamais juste pour elle, elle le faisait toujours pour une occasion, en l’occurrence le fait que l’on vienne la voir.

Pour moi le bœuf mode, et la cuisine de ma grand-mère en général, c’était toujours avant tout des odeurs. Je me demande quel impact ça a eu sur mon envie de devenir chef ! Ma grand-mère cuisinait beaucoup. Et toujours avec son Opinel !"

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

"En fait je pense que la cuisine c’est un peu comme la mode. Il n’y a pas vraiment d’ancien ou de récent, c’est une boucle. Ce n’est pas parce qu’un plat n’est plus actuel qu’un jour un chef ne va pas le remettre au goût du jour. C’est le cas du pâté en croûte par exemple. C’était totalement passé de mode et maintenant il n’y a pas un restaurant parisien qui ne l’a pas sur sa carte.

On peut toujours revisiter un plat en conservant les mêmes ingrédients, la même base, mais en travaillant la texture par exemple. Il n’y a pas d’ancien ou de nouveau. Aujourd’hui c’est dur de se dire qu’on a créé quelque chose. Nos créations sont toujours inspirées de plats que nous avons vus. Avec le monde actuel, nous avons accès à énormément de recettes de plein de pays, c’est infini !

Quant à l’origine du plat, je ne sais pas vraiment. Je pense qu’on le trouve un peu partout en France, il est composé d’ingrédients simples que l’on trouve n'importe où."

Porc au caramel vietnamien @lacuisinedebernard

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

"Je n’ai pas d’exemples en particulier mais c’est un plat assez consensuel, le fait de cuisiner la viande longtemps, en sauce, avec des carottes…

Dans la cuisine asiatique il existe le même type de plats, mais avec des épices. Finalement on utilise un peu les mêmes ingrédients mais en utilisant des modes de cuisson différents."

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

"C’est complètement un plat du dimanche ! Le matin on se lève, on va faire le marché, acheter son morceau de viande, ses légumes frais… Puis on rentre et on passe la matinée en cuisine, et à midi et demi, quand c’est prêt, on pose la casserole au milieu de la table, on soulève le couvercle et c’est bon !

Comme c’est un plat cuisiné avec du vin blanc, on peut servir une bouteille de blanc avec."

Existe-t-il des rituels de consommation de ce plat ?

"C’est un plat que l’on sauce ! Avec un bon morceau de pain de campagne, avec la croûte épaisse qui craque !"

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

"Il n’y a pas de plat en particulier. Mais oui, je cuisine souvent avec mes enfants. Dès que je cuisine à la maison, j’ai ma petite fille avec moi. On prépare un peu de tout, il faut que ce soit simple et ludique !"

 

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

"C’est un vrai moment d’échange et de partage. Ici au restaurant, nous avons beaucoup de businessmen qui viennent faire des affaires, signer des contrats. Mais autour de la table finalement, ils baissent un peu la garde. Ils se sentent à l’aise, ils oublient un peu les tracas qu’ils ont à l’extérieur et ils profitent."

Ingrédients

  • 1 kg de bœuf dans la culotte
  • ½ pied de veau
  • 6 carottes
  • 6 petits oignons
  • 1 bouquet garni : 3 brins de persil, 1 brindille de thym, ¼ de feuille de laurier
  • 200 g de lard
  • 60 g de beurre
  • 50 cl de vin blanc sec
  • 1 louche d’eau chaude
  • Sel, poivre

Étapes

  1. Éplucher les carottes, les rincer rapidement, les éponger et les couper en bâtonnets de 5 centimètres environ
  2. Éplucher les oignons que vous laissez entiers
  3. Laver soigneusement le persil, puis lier ensemble thym, laurier et persil, avec une ficelle fine
  4. Saler, poivrer le pied de veau et le morceau de bœuf sur une planche. Ôter la couenne du lard et le couper en dés
  5. Dans une cocotte, en fonte émaillée de préférence, faire fondre le beurre. Dès qu’il est moussant, mettre oignons et lard à revenir rapidement tout en les retournant avec une cuillère en bois
  6. Ajouter la viande et le pied de veau que vous faites dorer sur toutes les faces, puis mettre les carottes et le bouquet garni. Lorsque la viande est bien dorée, mouiller avec le vin blanc, laisser cuire à feu doux pendant environ 1 heure
  7. Lorsque le vin est un peu évaporé, ajouter une louche d’eau chaude. Retourner de temps à autre les morceaux de viande, couvrir ensuite et laisser mijoter à feu doux pendant 2 heures encore (ce plat doit cuire doucement et longtemps)
  8. 15 min avant la fin de la cuisson, mettre à chauffer le plat de service (creux de préférence) et les assiettes
  9. Lorsque le tout est cuit, retirer la viande et le pied de veau que vous découpez sur une planche à découper ; les dresser sur le plat de service entourés des carottes, petits oignons et lard
  10. Dégraisser le jus, le verser sur la viande. Servir bien chaud accompagné d’une purée ou d’un riz pilaf
BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Le pâté en croûte. J’en ai fait tellement !

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner ?

Freddy Mercury, Michael Jackson et Joël Robuchon.

Ta « world food » préférée ?

La cuisine thaïlandaise, ses textures, ses saveurs…

Un restaurant à nous conseiller ?

Le dernier en date qui est très très bien : le restaurant étoilé mexicain OXTE à Paris

 

Les invités de rêve du Chef

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[FRANCE] – Les rillettes du Père Tiercelin par Mamie Denise

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Originaire de Saint-Mathurin-sur-Loire, Mamie Denise nous a fait le plaisir de partager la recette des traditionnelles rillettes d'Anjou ainsi que son savoir-faire ancestral. Une recette transmise de génération en génération.

Présente-nous une recette traditionnelle qui te tient à cœur…

" Tout le monde faisait des rillettes autrefois ! La recette consiste à faire cuire des morceaux de cochon pris dans la partie grasse, des petits morceaux de lard qu’on mettait dans un chaudron sur le feu. On laissait cuire et en cours de cuisson on enlevait des morceaux pour faire des rillauds. Le reste restait à mijoter pendant plusieurs heures pour faire des rillettes. "

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

" Moi je n’en préparais pas, mais mes parents en faisaient. Pierrot (ndlr : son mari) en a fait aussi ici, dans le garage. On était écœurés par l’odeur du gras à la fin de la journée ! [rires]

Avant en Anjou chacun faisait ça dans sa famille. Quand on tuait un cochon on utilisait tout, on faisait du jambon, du boudin, et des rillettes bien sûr ! On conservait le jambon et le boudin dans la cheminée. Ça prenait un bon goût de fumé, c’était excellent ! Et les rillettes on les mettait en bocaux. Comme la graisse remontait à la surface, ça se conservait bien, on n’avait même pas besoin de stériliser les bocaux. Et ça se conservait comme ça, d’une année sur l’autre.

C’est le Père Tiercelin qui m’a transmis la recette. Il avait une ferme. Ma mère avait travaillé pour lui, elle gardait ses enfants. En réalité il avait transmis cette recette à ma mère et je l’ai récupérée quand j’avais 18 ans environ. "

 

Les parents de Denise

 

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

" Quand j’étais petite, en hiver, on faisait des veillées. On partait avec nos parents, parfois les voisins, chez les amis, dans les fermes. De 21h à minuit, on jouait aux cartes, on triait les flageolets, on discutait… Puis on prenait un casse-croûte avec du bon pain frais et des rillettes, du jambon, du boudin. Et on rentrait bras-dessus bras-dessous en chantant des chansons qu’on apprenait à l’école ou des chansons paillardes que nous apprenaient les anciens ! On n’avait pas la télé à l’époque, c’était bien différent ! "

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

" Oh oui, c’est une recette ancienne ! Je ne pense pas qu’elle soit en train de disparaître mais maintenant plus beaucoup de gens préparent les rillettes eux-mêmes, ce sont juste les bouchers qui les font. Et puis maintenant on en mange avec modération, alors qu’avant c’était tout le temps ! Maintenant il ne faut plus manger ci, il ne faut plus manger ça… Pourtant des rillettes à manger comme ça avec du pain bien frais, c'est un véritable délice ! Et puis on avait l’habitude de cuisiner à l’époque, j'ai l'impression que ça se perd. "

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

" Pas vraiment. Il doit y en avoir mais je ne les connais pas. Enfin si, il y a les rillettes du Mans, mais sinon je ne sais pas. C’est vraiment bien typique d’Anjou, ça c’est sûr ! "

 

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

" Oh juste comme ça, avec du pain frais. De la baguette ou des grandes tartines du gros pain qu’on faisait autrefois. Les rillettes se mangent en entrée, ou en casse-croûte comme le soir quand on sortait. On mangeait plus souvent de la rillette que du pâté. "

@Marmiton

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

" On faisait beaucoup le pot-au-feu ! C’était bien pour une grande famille, on remplissait le chaudron avec les légumes et on servait ça avec une vinaigrette, ça nourrissait tout le monde ! Et après, fromage ! On mangeait surtout du camembert quand j’étais jeune. Pas de plateau de fromages, ça coûtait bien trop cher. "

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

" Je trouve ça important. Si tu ne sais pas cuisiner ce n’est pas très bon. Alors que là tu as non seulement le plaisir de cuisiner mais aussi encore plus de plaisir au moment de déguster. Pour moi la cuisine, c’est le plaisir ! "

 

 

 

Optionnel : Rognons, rate, morceaux de poitrine de porc (pour faire des rillauds)

  • Si vous faites une petite quantité, utiliser un fait-tout ou une grande cocotte-minute.
  • Si vous faites une grande quantité, utiliser un chaudron en fonte bien nettoyé.

Vous pouvez mettre à cuire avec vos rillettes des rognons et de la rate (cuisson 3h), les rillauds pris dans le flanc du porc et du jambonneau (cuisson 4h). La cuisson est terminée quand la viande glisse de la fourchette.

  1. Prendre un morceau de panne ou de saindoux et en frotter le fond et le tour du récipient choisi
  2. Couper toute la graisse en morceaux de 1 à 2 cm. La faire fondre dans le récipient
  3. Couper tout le reste de la viande et l’ajouter dans le chaudron. Saler le dessus de la viande avec 10g de sel par livre et ajouter, selon la quantité de viande, 1 à 2 L d’eau en prenant soin de la verser à côté de la viande pour que le sel ne tombe pas au fond du chaudron. Cette eau s’évaporera au début de la cuisson et laissera le temps à la graisse de bien fondre
  4. Bien surveiller la cuisson, particulièrement à la fin. Mélanger souvent au début et à la fin. Il ne faut pas que les rillettes prennent au fond
  5. Faire cuire 4h30 à 5h
  6. 1h avant la fin de la cuisson des rillettes, en mettre un peu dans une assiette, laisser tiédir puis goûter pour voir si elles sont assez salées. Si oui, les laisser. Si non, mettre 2 verres d’eau frémissante dans laquelle vous aurez fait dissoudre du sel. Attention à ne pas vider le fond de la casserole ! En aucun cas il ne faut mettre de sel non dissous dans les rillettes chaudes.
  7. Une fois cuites, laissez tiédir les rillettes puis émiettez-les. Mettez-les en pots ou bocaux et recouvrez d’une couche de graisse que vous aurez fait refondre au besoin.
BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Quand j’allais chez ma grand-mère le dimanche il y avait toujours le lapin à mijoter sur la cuisinière. Mais je crois que ma madeleine de Proust c’est surtout le petit-déjeuner que j’avais quand j’allais là-bas ! Mon grand-père faisait lui-même son pain dans le four qui était dans la chambre, alors le matin on avait droit à de grandes tartines qu’on mettait dans le grille-pain qu’on plaçait devant le feu de cheminée. Il sentait bon le bois fumé ! Et dessus on mettait un bon bout de beurre que ma grand-mère faisait elle-même avec le lait de leur vache. Et puis il y avait aussi toujours des gâteaux de Savoie qu’elle faisait avec la crème du lait.

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner ?

J’inviterais mon gendre, Gilles et Pierrot, mon mari qui est décédé. Ah ça, il aimait manger ! Il ne mangeait pas en grandes quantités mais c’était un vrai gourmet. Et puis Denis, mon fils aîné.

Ta « world food » préférée ?

J’aime bien le couscous. Et j’aime bien aussi manger chinois, je prends souvent des nems.

Un restaurant à nous conseiller ?

À Saint Mathurin sur Loire, dans mon village, il y a la crêperie Le Cosy qui est très bon. Là-bas ils m’appelaient toujours « Madame la Colonelle » parce que je commande toujours un colonel au dessert et ce n’est pas courant. [rires]

 

Denise et Pierrot dans les années 50 à Angers

 

Mariage des parents de Denise, devant l'actuel restaurant Le Cosy

 

 

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