Une phase libanaise du projet Ursino couronnée de succès !

Deux semaines ...

C'est le temps que nous avons passé à Beyrouth où nous avons enfin mené à bien le projet Ursino avec des élèves particulièrement motivés. Quel bonheur, après 2 ans et demi d'attente, de découvrir avec eux le patrimoine culinaire libanais, de parler de ses délices sucrés et salés, de s'émerveiller de l'Histoire et des histoires, du Liban autant que de ses plats emblématiques!
Jamais ils n'auraient imaginé que le taboulé libanais n'existait que depuis 200 ans environ, ou encore que la tomate avait été apportée au Liban par les Anglais, que le citron de la fameuse citronnade, du houmous ou encore de la sauce tarator venait à l'origine du Cachemire ! Et pourtant...

Plus que jamais, nous sommes convaincus de l'importance de ce projet qui amène les adolescents (et les adultes qui les entourent) à se rendre compte que nos cultures ont toujours été le fruit de la diversité et que cette dernière peut être une incroyable source de richesse.

Un projet riche en rebondissements

Nous avions lancé cette phase libanaise du projet Ursino en octobre 2019 et avions été aussitôt stoppés par la révolte populaire qui a commencé dès notre arrivée. Depuis, les élèves nous attendaient avec impatience. Nous avions donc bien l'intention d'y retourner en mars 2020 mais c'était sans compter sur la crise sanitaire, puis l'explosion du port beyrouthin en août 2020.

Pour nous c'était frustrant, pour ces adolescents c'était d'une violence que nous ne pouvons même pas imaginer.

Notre mission était donc cette fois encore bien évidemment de les sensibiliser à la diversité culturelle, de les encourager à dialoguer avec leur communauté et leurs anciens, de s'intéresser à l'Histoire de leur alimentation mais aussi de leur apporter un peu de soleil, de joie et de les mettre en lien avec le monde. Ce même monde qui leur est actuellement si difficile d'accès avec la crise économique monumentale que subit le Liban.

Cela nous ramène à la raison d'être initiale de Konstelacio: amener le monde aux enfants quand ceux-ci n'ont pas la chance de pouvoir voyager facilement.

Ce que nous retiendrons de cette expérience extraordinaire...

  • Les yeux des élèves qui brillaient de curiosité et de motivation,
  • Leur implication dans ce projet, malgré le contexte et le calendrier (nous avons terminé le dernier jour de classe avant le passage du brevet!),
  • L'accueil incroyable que nous ont réservé les Libanais, et particulièrement Eva Maria, enseignante de l'école, qui nous a invités dans sa famille dans les montagnes et a pris le temps de nous raconter la cuisine libanaise en détail,
  • La sagesse et la gentillesse de Madame Nayla Khoury Daoun, directrice de cette école inclusive. Une rencontre de celles qui vous marquent et qui vous inspirent gratitude et humilité,
  • La rencontre des élèves avec notre ambassadeur, le Chef Youssef Akiki, au parcours sidérant, tout autant que peut l'être sa modestie. Il leur a même proposé de faire un stage dans son restaurant. Un immense merci à lui pour sa disponibilité!
  • La patience, la réactivité et l'expertise de Mabelle Chedid de la Food Heritage Foundation, qui a vérifié, complété, enrichi les recherches historiques de nos élèves,
  • Et bien sûr, notre belle équipe, diverse, soudée, complice...

En conclusion

Comme il est difficile de vous transmettre pleinement toutes les émotions que nous avons ressenties, à quel point nos élèves étaient touchants de curiosité, notre émerveillement devant ce peuple qui souffre tant depuis si longtemps et qui malgré tout est d'une générosité sans pareille. En somme, nous peinons à trouver les mots pour vous faire ressentir à quel point nous sommes transportés par cette aventure humaine vibrante.

Nous tenterons néanmoins de le faire dans les semaines à venir avec les vidéos réalisées par notre réalisateur préféré, Simon Guyomard (Spoon Productions).
Nous nous attelons désormais au montage des capsules vidéo de nos élèves (de Saint Brieuc et de Beyrouth) et à la préparation de la suite de nos aventures, à Lyon, au Maroc et en Irlande.

Alors comme le disent nos amis anglophones... Stay tuned!

Ursino – Retour sur une première semaine haute en saveurs avec nos élèves libanais

Le Liban, ce pays plein de saveurs, de traditions et de sourires...

Cheikh el mehchi, mjaddara, kechek, tabbouleh, houmous, meghlé, fatayer, sanboussik, moussaka, mloukhieh, chiche barak...

Vous n'y comprenez pas grand chose? Nous non plus au départ. Et pourtant...
Ces quelques plats ne sont qu'un amuse-bouche dans la découverte sans fin des traditions culinaires libanaises. Nos élèves ont collecté ces recettes et de nombreuses autres, nous faisant voyager dans leur culture avec délice.

Nos élèves libanais sont un peu plus âgés que d'habitude. Ils ont une quinzaine d'années au lieu de 13 ans. En effet, ils nous attendaient avec impatience depuis deux ans et demi, prêts à reprendre le projet Ursino là où nous l'avions commencé avant d'être stoppés net par la révolution de 2019. Depuis, leur pays rencontre une crise désastreuse où l'inflation, la pauvreté et l'injustice pèsent quotidiennement sur la population.

Ces jeunes ont l'incroyable chance d'être scolarisés à l'École des Trois Docteurs, école privée orthodoxe située dans le quartier beyrouthin de Gemmayze, qui a pour raison d'être l'éducation inclusive et indifférenciée, mélangeant les élèves avec et sans troubles de l'apprentissage. L'équipe enseignante est formidable et porte avec courage et une énergie sans pareils son projet éducatif malgré la situation actuelle du pays et les difficultés que celle-ci implique.

Cette semaine, nous avons ainsi mené nos ateliers avec les élèves qui ont montré une grande motivation et une belle curiosité. Ils nous ont parlé de leur culture culinaire et ont mené des recherches historiques sur l'origine des ingrédients et des plats typiques libanais. Nous avons également eu le privilège d'accueillir à l'école le Chef Youssef Akiki, ambassadeur libanais d'Ursino, qui a parlé à nos élèves avec passion de son métier et de cuisine libanaise. Elève d'Alain Ducasse, chef personnel d'un prince saoudien, aujourd'hui propriétaire du restaurant Brût... Youssef Akiki est une personne hors normes avec un parcours exceptionnel. Il a même proposé aux élèves de venir faire un stage dans son restaurant, ce qui a mis des étoiles dans les yeux de nos adolescents déjà si curieux!

Les recherches historiques menées par les élèves sont actuellement entre les mains expertes de la Food Heritage Foundation qui les relit, les vérifie et les complète avant que ceux-ci ne préparent leurs textes pour partager tout ce travail en vidéo cette semaine.

En attendant, notre petite équipe continue ses découvertes culinaires avec une guide exceptionnelle, Eva Maria, enseignante de l'école, qui nous a accueillies avec générosité dans sa famille à la montagne pour le week-end. L'occasion de voir "en vrai" certains plats évoqués par nos élèves, mais également de découvrir les pratiques culturelles et culinaires locales: le potager, la préparation de conserves et confitures maison, le narguilé digestif en fin de repas, le arak maison (boisson anisée typique), le barbecue, la préparation des bouquets de persil plat pour le taboulé... La liste est longue !

Nous sommes pleines de gratitude devant tant de gentillesse et de générosité !

La suite dans quelques jours, quand nos élèves auront préparé leurs vidéos et que nous serons rejointes par Simon, notre fidèle ami et réalisateur.

De retour au Liban pour Ursino …. 3 ans après

Ursino au Liban

Nous y voici enfin ! Depuis 2019, nous attendions avec patience (ou impatience) de pouvoir retourner au Liban continuer le projet Ursino démarré sur place.

Charlotte Courtois, coordinatrice du projet, est arrivée à Beyrouth le mardi 15 octobre 2019, comme la petite Arwenn de notre livre « prête à repartir à l’aventure ». Et quelle aventure… !
Premier atelier avec nos élèves dès le jeudi matin puis Jojo, notre ancienne présidente et bénévole arrivait le soir.
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu...
Vous en avez sans doute entendu parler, la révolution libanaise a éclaté, ou peut-être devrais-je dire fleuri, ce même soir. Un peuple à bout qui descend dans les rues pour dire stop à de nombreuses choses, notamment à la corruption. Et nous au milieu. Dans la foule en liesse, au milieu des DJs, des jeunes femmes offrant des fleurs aux militaires, des jeunes et moins jeunes arborant fièrement le drapeau de leur pays, avec tant d’espoir.

Nous avons vécu des moments extraordinaires mais n’avons pas pu mener à bien notre projet, les écoles étant fermées pendant tout le reste de notre séjour.

En mars 2020, nous pensions repartir. Et puis la crise sanitaire a montré le bout de son nez. En août 2020, la capitale libanaise a tristement fait la une des actualités, avec l’explosion horrifiante de son port qui a ravagé la ville. Notre partenaire, l’Ecole des Trois Docteurs, se situant à 600m du port, s’est retrouvée en ruines. Et le coronavirus qui durait… Le Liban se trouve aujourd’hui dans une situation de crise sans pareille.
Mais inspirés par la résilience formidable du peuple libanais, nous avons attendu, préparé, rêvé ce retour.

Aujourd'hui, nos élèves nous attendent pour collecter des recettes, mener des recherches historiques, préparer leurs vidéos… Les mêmes élèves avec qui nous avions lancé l’opération en 2019 et qui, depuis, demandaient quand aurait lieu la suite !

 

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[FRANCE] Le boeuf mode par le chef Jean-François Bury

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Après 15 ans d'expérience dans les plus grands palaces parisiens et un titre de Champion du Monde Traiteur, Jean-François Bury se lance dans l'aventure Top Chef sur M6 et se fait ainsi connaître du grand public. Après l'émission, il lui tarde de retourner en cuisine et il ouvre avec sa femme Anaïs son propre restaurant en 2018 à Nanterre : Cabane, une adresse que tout le monde s'arrache dans l'ouest parisien.

Il nous a fait l'honneur et le plaisir de nous accorder une interview Ursino autour d'un plat français emblématique : le bœuf mode de sa grand-mère.

Présentez-nous une recette traditionnelle qui vous tient à cœur…

"J’ai décidé de parler du bœuf mode. C’est un plat de grand-mère, le fameux bœuf carottes du dimanche."

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

"C’était un plat de ma grand-mère. À l’époque j’étais trop petit pour apprendre à le faire. Ma mère l’a ensuite repris. C’est elle qui me l’a transmis et en apprenant à être chef j’y ai apporté mes propres touches. Par exemple, j’utilise des modes de cuisson différents comme le sous-vide qui permet d’avoir une viande moins sèche que quand elle cuit pendant des heures."

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

"Ce sont souvent des plats qui rassemblent. C’est un plat-partage ! Ma grand-mère ne le faisait bien sûr jamais juste pour elle, elle le faisait toujours pour une occasion, en l’occurrence le fait que l’on vienne la voir.

Pour moi le bœuf mode, et la cuisine de ma grand-mère en général, c’était toujours avant tout des odeurs. Je me demande quel impact ça a eu sur mon envie de devenir chef ! Ma grand-mère cuisinait beaucoup. Et toujours avec son Opinel !"

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

"En fait je pense que la cuisine c’est un peu comme la mode. Il n’y a pas vraiment d’ancien ou de récent, c’est une boucle. Ce n’est pas parce qu’un plat n’est plus actuel qu’un jour un chef ne va pas le remettre au goût du jour. C’est le cas du pâté en croûte par exemple. C’était totalement passé de mode et maintenant il n’y a pas un restaurant parisien qui ne l’a pas sur sa carte.

On peut toujours revisiter un plat en conservant les mêmes ingrédients, la même base, mais en travaillant la texture par exemple. Il n’y a pas d’ancien ou de nouveau. Aujourd’hui c’est dur de se dire qu’on a créé quelque chose. Nos créations sont toujours inspirées de plats que nous avons vus. Avec le monde actuel, nous avons accès à énormément de recettes de plein de pays, c’est infini !

Quant à l’origine du plat, je ne sais pas vraiment. Je pense qu’on le trouve un peu partout en France, il est composé d’ingrédients simples que l’on trouve n'importe où."

Porc au caramel vietnamien @lacuisinedebernard

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

"Je n’ai pas d’exemples en particulier mais c’est un plat assez consensuel, le fait de cuisiner la viande longtemps, en sauce, avec des carottes…

Dans la cuisine asiatique il existe le même type de plats, mais avec des épices. Finalement on utilise un peu les mêmes ingrédients mais en utilisant des modes de cuisson différents."

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

"C’est complètement un plat du dimanche ! Le matin on se lève, on va faire le marché, acheter son morceau de viande, ses légumes frais… Puis on rentre et on passe la matinée en cuisine, et à midi et demi, quand c’est prêt, on pose la casserole au milieu de la table, on soulève le couvercle et c’est bon !

Comme c’est un plat cuisiné avec du vin blanc, on peut servir une bouteille de blanc avec."

Existe-t-il des rituels de consommation de ce plat ?

"C’est un plat que l’on sauce ! Avec un bon morceau de pain de campagne, avec la croûte épaisse qui craque !"

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

"Il n’y a pas de plat en particulier. Mais oui, je cuisine souvent avec mes enfants. Dès que je cuisine à la maison, j’ai ma petite fille avec moi. On prépare un peu de tout, il faut que ce soit simple et ludique !"

 

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

"C’est un vrai moment d’échange et de partage. Ici au restaurant, nous avons beaucoup de businessmen qui viennent faire des affaires, signer des contrats. Mais autour de la table finalement, ils baissent un peu la garde. Ils se sentent à l’aise, ils oublient un peu les tracas qu’ils ont à l’extérieur et ils profitent."

Ingrédients

  • 1 kg de bœuf dans la culotte
  • ½ pied de veau
  • 6 carottes
  • 6 petits oignons
  • 1 bouquet garni : 3 brins de persil, 1 brindille de thym, ¼ de feuille de laurier
  • 200 g de lard
  • 60 g de beurre
  • 50 cl de vin blanc sec
  • 1 louche d’eau chaude
  • Sel, poivre

Étapes

  1. Éplucher les carottes, les rincer rapidement, les éponger et les couper en bâtonnets de 5 centimètres environ
  2. Éplucher les oignons que vous laissez entiers
  3. Laver soigneusement le persil, puis lier ensemble thym, laurier et persil, avec une ficelle fine
  4. Saler, poivrer le pied de veau et le morceau de bœuf sur une planche. Ôter la couenne du lard et le couper en dés
  5. Dans une cocotte, en fonte émaillée de préférence, faire fondre le beurre. Dès qu’il est moussant, mettre oignons et lard à revenir rapidement tout en les retournant avec une cuillère en bois
  6. Ajouter la viande et le pied de veau que vous faites dorer sur toutes les faces, puis mettre les carottes et le bouquet garni. Lorsque la viande est bien dorée, mouiller avec le vin blanc, laisser cuire à feu doux pendant environ 1 heure
  7. Lorsque le vin est un peu évaporé, ajouter une louche d’eau chaude. Retourner de temps à autre les morceaux de viande, couvrir ensuite et laisser mijoter à feu doux pendant 2 heures encore (ce plat doit cuire doucement et longtemps)
  8. 15 min avant la fin de la cuisson, mettre à chauffer le plat de service (creux de préférence) et les assiettes
  9. Lorsque le tout est cuit, retirer la viande et le pied de veau que vous découpez sur une planche à découper ; les dresser sur le plat de service entourés des carottes, petits oignons et lard
  10. Dégraisser le jus, le verser sur la viande. Servir bien chaud accompagné d’une purée ou d’un riz pilaf
BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Le pâté en croûte. J’en ai fait tellement !

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner ?

Freddy Mercury, Michael Jackson et Joël Robuchon.

Ta « world food » préférée ?

La cuisine thaïlandaise, ses textures, ses saveurs…

Un restaurant à nous conseiller ?

Le dernier en date qui est très très bien : le restaurant étoilé mexicain OXTE à Paris

 

Les invités de rêve du Chef

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[FRANCE] – Les rillettes du Père Tiercelin par Mamie Denise

Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.

Originaire de Saint-Mathurin-sur-Loire, Mamie Denise nous a fait le plaisir de partager la recette des traditionnelles rillettes d'Anjou ainsi que son savoir-faire ancestral. Une recette transmise de génération en génération.

Présente-nous une recette traditionnelle qui te tient à cœur…

" Tout le monde faisait des rillettes autrefois ! La recette consiste à faire cuire des morceaux de cochon pris dans la partie grasse, des petits morceaux de lard qu’on mettait dans un chaudron sur le feu. On laissait cuire et en cours de cuisson on enlevait des morceaux pour faire des rillauds. Le reste restait à mijoter pendant plusieurs heures pour faire des rillettes. "

Qui préparait ce plat ? Comment t’a-t-il été transmis ?

" Moi je n’en préparais pas, mais mes parents en faisaient. Pierrot (ndlr : son mari) en a fait aussi ici, dans le garage. On était écœurés par l’odeur du gras à la fin de la journée ! [rires]

Avant en Anjou chacun faisait ça dans sa famille. Quand on tuait un cochon on utilisait tout, on faisait du jambon, du boudin, et des rillettes bien sûr ! On conservait le jambon et le boudin dans la cheminée. Ça prenait un bon goût de fumé, c’était excellent ! Et les rillettes on les mettait en bocaux. Comme la graisse remontait à la surface, ça se conservait bien, on n’avait même pas besoin de stériliser les bocaux. Et ça se conservait comme ça, d’une année sur l’autre.

C’est le Père Tiercelin qui m’a transmis la recette. Il avait une ferme. Ma mère avait travaillé pour lui, elle gardait ses enfants. En réalité il avait transmis cette recette à ma mère et je l’ai récupérée quand j’avais 18 ans environ. "

 

Les parents de Denise

 

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

" Quand j’étais petite, en hiver, on faisait des veillées. On partait avec nos parents, parfois les voisins, chez les amis, dans les fermes. De 21h à minuit, on jouait aux cartes, on triait les flageolets, on discutait… Puis on prenait un casse-croûte avec du bon pain frais et des rillettes, du jambon, du boudin. Et on rentrait bras-dessus bras-dessous en chantant des chansons qu’on apprenait à l’école ou des chansons paillardes que nous apprenaient les anciens ! On n’avait pas la télé à l’époque, c’était bien différent ! "

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

" Oh oui, c’est une recette ancienne ! Je ne pense pas qu’elle soit en train de disparaître mais maintenant plus beaucoup de gens préparent les rillettes eux-mêmes, ce sont juste les bouchers qui les font. Et puis maintenant on en mange avec modération, alors qu’avant c’était tout le temps ! Maintenant il ne faut plus manger ci, il ne faut plus manger ça… Pourtant des rillettes à manger comme ça avec du pain bien frais, c'est un véritable délice ! Et puis on avait l’habitude de cuisiner à l’époque, j'ai l'impression que ça se perd. "

As-tu connaissance d’autres variantes de ce plat ? Ou de plats similaires dans d’autres pays ou régions ?

" Pas vraiment. Il doit y en avoir mais je ne les connais pas. Enfin si, il y a les rillettes du Mans, mais sinon je ne sais pas. C’est vraiment bien typique d’Anjou, ça c’est sûr ! "

 

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

" Oh juste comme ça, avec du pain frais. De la baguette ou des grandes tartines du gros pain qu’on faisait autrefois. Les rillettes se mangent en entrée, ou en casse-croûte comme le soir quand on sortait. On mangeait plus souvent de la rillette que du pâté. "

@Marmiton

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à tes enfants ?

" On faisait beaucoup le pot-au-feu ! C’était bien pour une grande famille, on remplissait le chaudron avec les légumes et on servait ça avec une vinaigrette, ça nourrissait tout le monde ! Et après, fromage ! On mangeait surtout du camembert quand j’étais jeune. Pas de plateau de fromages, ça coûtait bien trop cher. "

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

" Je trouve ça important. Si tu ne sais pas cuisiner ce n’est pas très bon. Alors que là tu as non seulement le plaisir de cuisiner mais aussi encore plus de plaisir au moment de déguster. Pour moi la cuisine, c’est le plaisir ! "

 

 

 

Optionnel : Rognons, rate, morceaux de poitrine de porc (pour faire des rillauds)

  • Si vous faites une petite quantité, utiliser un fait-tout ou une grande cocotte-minute.
  • Si vous faites une grande quantité, utiliser un chaudron en fonte bien nettoyé.

Vous pouvez mettre à cuire avec vos rillettes des rognons et de la rate (cuisson 3h), les rillauds pris dans le flanc du porc et du jambonneau (cuisson 4h). La cuisson est terminée quand la viande glisse de la fourchette.

  1. Prendre un morceau de panne ou de saindoux et en frotter le fond et le tour du récipient choisi
  2. Couper toute la graisse en morceaux de 1 à 2 cm. La faire fondre dans le récipient
  3. Couper tout le reste de la viande et l’ajouter dans le chaudron. Saler le dessus de la viande avec 10g de sel par livre et ajouter, selon la quantité de viande, 1 à 2 L d’eau en prenant soin de la verser à côté de la viande pour que le sel ne tombe pas au fond du chaudron. Cette eau s’évaporera au début de la cuisson et laissera le temps à la graisse de bien fondre
  4. Bien surveiller la cuisson, particulièrement à la fin. Mélanger souvent au début et à la fin. Il ne faut pas que les rillettes prennent au fond
  5. Faire cuire 4h30 à 5h
  6. 1h avant la fin de la cuisson des rillettes, en mettre un peu dans une assiette, laisser tiédir puis goûter pour voir si elles sont assez salées. Si oui, les laisser. Si non, mettre 2 verres d’eau frémissante dans laquelle vous aurez fait dissoudre du sel. Attention à ne pas vider le fond de la casserole ! En aucun cas il ne faut mettre de sel non dissous dans les rillettes chaudes.
  7. Une fois cuites, laissez tiédir les rillettes puis émiettez-les. Mettez-les en pots ou bocaux et recouvrez d’une couche de graisse que vous aurez fait refondre au besoin.
BONUS

Quelle est ta madeleine de Proust ?

Quand j’allais chez ma grand-mère le dimanche il y avait toujours le lapin à mijoter sur la cuisinière. Mais je crois que ma madeleine de Proust c’est surtout le petit-déjeuner que j’avais quand j’allais là-bas ! Mon grand-père faisait lui-même son pain dans le four qui était dans la chambre, alors le matin on avait droit à de grandes tartines qu’on mettait dans le grille-pain qu’on plaçait devant le feu de cheminée. Il sentait bon le bois fumé ! Et dessus on mettait un bon bout de beurre que ma grand-mère faisait elle-même avec le lait de leur vache. Et puis il y avait aussi toujours des gâteaux de Savoie qu’elle faisait avec la crème du lait.

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner ?

J’inviterais mon gendre, Gilles et Pierrot, mon mari qui est décédé. Ah ça, il aimait manger ! Il ne mangeait pas en grandes quantités mais c’était un vrai gourmet. Et puis Denis, mon fils aîné.

Ta « world food » préférée ?

J’aime bien le couscous. Et j’aime bien aussi manger chinois, je prends souvent des nems.

Un restaurant à nous conseiller ?

À Saint Mathurin sur Loire, dans mon village, il y a la crêperie Le Cosy qui est très bon. Là-bas ils m’appelaient toujours « Madame la Colonelle » parce que je commande toujours un colonel au dessert et ce n’est pas courant. [rires]

 

Denise et Pierrot dans les années 50 à Angers

 

Mariage des parents de Denise, devant l'actuel restaurant Le Cosy

 

 

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Le saviez-vous ? #10 El Taco Al Pastor

 

@SeriousEats

Saviez-vous que le célèbre tacos mexicain trouve ses origines dans la culture libanaise ? 

El taco al pastor est un plat récent car sa technique a été apportée par l’immigration libanaise dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est arrivée à Veracruz et s’est ensuite installée dans la ville de Puebla où elle a apporté son savoir culinaire mais en remplaçant l’agneau ou le mouton par du porc.

Cette méthode de cuisson de la viande est d’abord originaire du centre du Mexique puis s’est étendue dans le reste du pays.

Mais quelle est sa particularité ? Le format de la rôtissoire est vertical et représente une toupie (trompo). Ce modèle de rôtissoire permet d’éliminer les excès de graisse présents dans la viande et à contrario des autres rôtissoires, celle-ci repose sur une broche. Cela permet ainsi de cuire la viande de façon uniforme grâce à la chaleur qui l’entoure.

 

Le taco est si populaire qu’il existe même des taqueros, c’est-à-dire des personnes préparant les tacos dans les rues mexicaines. Ils font parties du commerce de rue et leurs établissements, fixes ou ambulants, s’appelle taquería. L’assemblage de la viande sur la rôtissoire est considéré comme un véritable art qui demande du temps. La cuisson est très lente car les différentes couches doivent fusionner, les fibres de collagène fondent et on obtient ainsi une viande tendre et juteuse.

 

Au Mexique, les épices diffèrent selon les goûts et les régions mais majoritairement, dans el taco al pastor, le porc est mariné avec du cumin, du curcuma, de la coriandre, du roucco, du piment guajillo et du piment ancho, de l’oignon, de la sauce piquante, le tout dans une tortilla de maïs accompagné d’ananas.

C’est une spécialité mexicaine de rajouter de l’acidité dans les plats avec quelques gouttes de citron vert, ou notamment ici dans el taco al pastor avec de l’ananas.

*Le piment guajillo et le piment ancho font parties de la Sainte Trinité des piments mexicains avec le piment Pasilla.

@Loveandlemons

El taco de asada @Swankyrecipes

 

Chaque région consomme des tacos différents selon les ingrédients à disposition. Le Mexique possède des régions climatiques diverses (déserts, forêts tropicales, montagnes…) et chacune adapte leurs plats en fonction de ce que l’endroit offre. Au nord du pays, le taco le plus populaire est celui de asada, avec de la viande grillée et coupée en petits morceaux, généralement du bœuf. A contrario, dans le Mexique central, les plus populaires sont el taco al pastor ou el taco de carnitas.

 

El taco de carnitas s’accompagne d’une sauce de tomate verte, el taco barbacoa, est lui cuisiné avec du mouton et servi avec une sauce borracha. Cette dernière est issue de la fermentation de la plante d’agave, donnant ainsi une boisson alcoolisée appelée « pulque ». El taco de adobada, est quant à lui proche de el taco al pastor mais se cuisine avec du porc mariné dans une sauce piment roja, du vinaigre et de l’origan.

El taco barbacoa @Cookingclassy

@Tripadvisor

 

La sauce change également selon le taco, il en existe ainsi différents types, soit la sauce roja (faite à base de tomates), soit verde (préparée à partir d’avocats ou de tomates vertes (tomatillo et oignon). Par exemple, la sauce de el taco al pastor est préparée avec le piment àrbol, piment sec le plus utilisé dans les sauces, qui donne une sauce rouge et très piquante.

Cette technique est celle employée pour la confection des kebabs, shawarmas et gyros et ce n’est pas un hasard car l’origine du el taco al pastor est l’évolution d’une recette importée par des immigrants libanais.

Le nom shawarma signifie « ça tourne ».  A l’origine, le Shawarma était dédié aux classes les moins aisées de la population. Mais grâce à sa fraîcheur et sa grande facilité de préparation, ce sandwich fait aujourd’hui partie des plats les plus appréciés au Liban. Il se compose de viande de bœuf, agneau ou mouton avec au-dessus des pickles de radis, tomates et de laitue.

 

@Hellofresh

Le döner kebab trouve ses origines en Turquie au milieu du 19ème siècle lorsqu’un homme a eu l’idée de cuire la viande à la verticale. Ainsi la viande était découpée en lamelle et les gens pouvaient l’acheter sur les marchés pour la déguster. Son succès réside dans l’histoire d’immigrés turcs qui dans les années 1970 en Allemagne décident de mettre la viande dans du pain. Le kebab est composé de viande d’agneau ou bœuf, avec du laurier, du thym, du poivre, de l’origan et au-dessus de la tomate.

@Marmiton

Le premier gyro a été introduit dans les années 1950 au Pirée par un cuisinier d'Istanbul d'origine grecque. Cette variante est souvent préparée avec du porc et servie avec de la sauce tzatzìki, composée de yaourt grec, de concombre, de sel, de poivre, d’ail et d’aneth.

 

@CuisineAZ

Et vous alors, qu'est-ce que vous préférez ? 

Un immense merci à Silvia Flores pour ses précieuses précisions lors de ces recherches sur el taco al pastor.

Le saviez-vous ? #9 Le chocolat

Savez-vous d'où vient le chocolat ? Il faut remonter dans l'antique Méso-Amérique, l'actuel Mexique, pour connaître son histoire. 

L’histoire du chocolat remonte à 4000 ans dans l’actuel Mexique où les premiers cacaoyers ont été trouvés. Le cacao a été transformé pour la première fois en chocolat par la civilisation olmèque d’Amérique latine. Il était consommé notamment sous forme d’infusion lors de rituels sacrés ou comme médicament à des fins thérapeutiques. Les Mayas mélangeaient l’infusion de chocolat faite avec des fèves de cacao rôties et moulues avec des piments, de la semoule de maïs et de l’eau, ils considéraient cette boisson comme la boisson des dieux. Ils transvasaient le mélange d’un récipient à un autre pour obtenir une boisson amère et mousseuse appelée xocoatl (eau amère).

Les fèves de cacao étaient utilisées comme monnaie d’échange par les Mayas et les Aztèques. Par exemple 1000 graines valaient trois ducats d’or environ, ce qui servait à payer les impôts ou des esclaves.

@Cacaomama

Les cacaoyers sont cultivés dès le Vème siècle par les Mayas et devinrent rapidement un objet de culte. Dans la culture aztèque, ils constituaient le plus bel ornement du paradis, dont le Dieu Quetzalcóatl était le jardinier.

Les Mayas ne mangeaient que la pulpe acidulée et rafraîchissante de la cabosse et délaissaient les fèves amères. Un jour l’un d’entre eux eut l’idée de griller les fèves et de les écraser pour en faire une pâte. La civilisation aztèque aromatisa la pâte de cacao avec des piments et de la vanille pour en faire une boisson nourrissante.

Découverte au Mexique

La fève de cacao fut offerte à Christophe Colomb en 1502, mais il ne trouvait en cette graine aucun intérêt. En 1519, l’explorateur Hernán Cortes débarque au Mexique en quête de richesse et d’or, mais il découvre le cacao à la place et ce breuvage sacré. L’explorateur découvre Tenochtitlan, la capitale des Aztèques. À sa grande surprise, il fait face à une immense ville paradisiaque de 400 000 habitants faite de palais, de temples, de jardins et de canaux. Celle-ci est gouvernée par Moctezuma II qui accueille l’explorateur et lui fait découvrir les fèves de cacao, cette plante sacrée pour leur peuple consommée sous la forme d’une boisson épaisse : le xocoatl.

 Sculpture de Constantino Brumidi

La Tasse de chocolat, Charpentier Jean-Baptiste 1768

ARRIVÉE EN ESPAGNE

La cour d’Espagne est subjuguée, fascinée par cette boisson exotique, à laquelle elle rajoute du sucre. Il est alors consommé toujours sous forme d’infusion mais avec de la vanille et du miel pour couvrir et adoucir son amertume. Le chocolat devient ainsi très populaire auprès des riches. Face à ce succès, de nombreuses expéditions commerciales sont organisées, les peuples mésoaméricains assurent la production de cacao. La passion pour le chocolat était lancée.

Le chocolat conquit le monde

Le chocolat voyage à travers le monde dans les différentes maisons royales. En 1615, le roi de France Louis XIII se voit offrir des échantillons de chocolat à la cour par sa future épouse Anne d’Autriche, la fille du roi d’Espagne, celle-ci introduira ainsi le chocolat à la cour de France.

C’est seulement sous Louis XV qu’apparaît le premier des artisans chocolatiers qui acquiert le droit de vendre le chocolat en « liqueurs ou en pastilles ». Créées au XVIIIème siècle, les chocolateries d’apothicaires restent longtemps artisanales. La baisse du prix du sucre et du cacao, associée à l’élévation du niveau de vie en Europe, change brusquement le destin de cet ornement maya.

En 1820, un enfant dont le père est pharmacien découvre que certains médicaments amers sont enrobés de chocolat pour les rendre plus agréables à absorber. Cet enfant s’appelle Jean-Antoine-Brutus Menier et fabriquera la première tablette française à cylindres. Il deviendra le fondateur de l’empire de la chocolaterie Menier qui fait aujourd’hui partie du groupe Nestlé.

La révolution du chocolat

Le chocolat devient ainsi très populaire pour ses vertus médicales et est produit de manière artisanale avec un processus très lent.

Le chocolat va se démocratiser à la révolution industrielle notamment avec l’invention de la presse à chocolat capable de presser du beurre de cacao à partir de fèves rôties, laissant ainsi une fine poudre de cacao. Cette dernière est mélangée avec des liquides, le tout se solidifie dans un moule pour former un morceau de chocolat comestible. Le début de l’industrialisation de la poudre de cacao permet de faire baisser le coût du produit et rend ainsi le chocolat plus accessible.

Le mole poblano : De la dinde et du chocolat dans le même plat ?

Embarquons pour le Mexique pour découvrir la légende d’un des plats de fête les plus représentatifs du Mexique, ce pays qui mélange de la dinde et du chocolat.

Au XVIIème siècle, une sœur du couvent de Santa Rosa à Puebla, Andrea de la Asunción se voit demandée de préparer le meilleur des plats pour l’arrivée de l’archevêque Tomás Antoni de la Serna y Aragón. Andrea vide les placards de la cuisine. Ces derniers sont presque vides et elle décide de préparer une sauce appelée mole avec ce qui lui reste, quelques épices et des piments, qui accompagnera une dinde. Le plat prend forme lorsqu’un des franciscains du couvent trébuche et renverse du piment dans la sauce d’Andrea. Malheur, la sauce est beaucoup trop épicée, elle se rend compte qu’elle ne peut pas servir ce plat à son hôte. Andrea ajoute ainsi du chocolat dans la préparation pour adoucir le piment. Son plat est finalement un succès et l’archevêque en parlera dans tous le royaume, le mole poblano est né.

 

        En Bonus

Nous vous partageons la recette du gâteau au chocolat de Suzy Palatin aussi appelé "meilleur gâteau du monde" selon le célèbre pâtissier Pierre Hermé.

1. Préchauffer le four à 200°C

2. Faire fondre le chocolat au micro-onde pendant 3 minutes

3. Puis ajouter le beurre et mettre à nouveau à fondre le tout 1 minute

4. Ajouter le sucre puis la farine tamisée, en mélangeant bien chaque fois

5. Battre les œufs en omelette et les incorporer à la préparation au chocolat

6. Verser dans un moule de 24 cm de diamètre beurré et fariné

7. Faire cuire le gâteau 25 minutes dans un four abaissé à 180°C

8. Laisser le gâteau revenir à température ambiante avant de le démouler

 

 

[Mexique] Le traditionnel Pico de Gallo de Chef Citlalli

[Dans le cadre de notre projet Ursino, nous vous invitons chaque mois à découvrir une recette de traditionnelle partagée par un chef, une célébrité ou un.e anonyme.
Découvrir un plat, son histoire, comment il est consommé ou encore les souvenirs qui y sont rattachés, c'est précisément ce que font nos élèves tout autour du monde. Sur cette base, ils mènent des recherches pour découvrir l'origine des plats et de leurs ingrédients.

L’objectif : qu'ils découvrent par eux-mêmes que nos cultures, notamment culinaires, se sont de tous temps enrichies de la diversité et des rencontres entre les peuples.]

Créative et passionnée, la chef Citlalli Méndez Cedillo nous a fait le plaisir de partager une recette traditionnelle mexicaine qui lui tient à cœur, celle du célèbre Pico de Gallo. Entre histoire, anecdotes et traditions, embarquez avec nous pour un voyage plein de couleurs et de saveurs direction le Mexique !

Décris-nous ce plat

" Cette recette est typiquement servie avec les molletes  (petits pains coupés en deux, recouverts de purée de haricots noirs et de fromage puis toastés au four pour faire fondre ce dernier). Quand je travaillais à Los Cabos, en Basse Californie (Etat du Mexique), il faisait très chaud et on préparait cette recette avec de la mangue. C’est un RÉGAL ! Et c’est une recette tellement fraîche que tu la manges même toute seule avec des nachos (totopos en espagnol mexicain). C’est la Chef Margarita Carrillo qui me l’a apprise. "

Que t’évoque ce plat ? As-tu des souvenirs particuliers ou des anecdotes qui y sont liés ?

" Ça me rappelle la diversité. Quand j’étais petite je ne mangeais que les tomates et l’oignon mais quand j’ai découvert la recette avec des fruits ça a été un véritable « boum » de saveurs. Le temps a passé et je me suis rendu compte que la recette pouvait se faire avec plein d’ingrédients différents, avec des tomates vertes, des figues de Barbarie, du lard… quelle diversité selon l’État où on se trouve !! C’est une recette ultra simple et ça m’agace vraiment quand je vais dans un restaurant et qu’ils ne mettent pas plus d’amour dans cette sauce ! "

Jicama Pico de gallo @Inconsistentkitchen

Ce plat te semble-t-il plutôt ancien ou récent ? Est-il en train de disparaître ? À quel territoire penses-tu qu’il soit rattaché ?

" C’est plutôt ancien. Tellement qu’il existait déjà chez les Mayas sous le nom de jolchoc, xeh ou xol-chon. Je crois qu’avec le temps qui passe il gagne en importance parce que c’est une recette simple, peu chère et qu’on peut utiliser facilement en accompagnement voire même en dessert. Elle est présente dans plusieurs États, selon les ingrédients, par exemple :

Au Campeche, au Yucatán et au Quintana Roo on le fait avec du jícama (tubercule aussi nommée pois patate) et de l’orange. Dans l’Etat du Jalisco on y ajoute de l’origan. À Guanajuato on met des figues de Barbarie. Au Oaxaca du pomelo. Dans le Tabasco on y met de l’orange également et on l’appelle sarampico. Dans le Zacatecas on ajoute du thon rouge… La liste est longue ! "

Comment et quand ce plat est-il consommé en général ?

" On peut le manger comme goûter, en accompagnement de poissons, en salade et même comme dessert après un bon repas. Il faut juste que les ingrédients soient frais ! "

Y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu as à cœur de transmettre à ta fille ?

" Bien sûr !!! Il y en a plein… les tamales, les sauces molcajete, le pozole… En fait toute la cuisine mexicaine je crois ! "

À quoi associes-tu la cuisine et le temps du repas ? En quoi est-ce que cela te semble important dans une culture, une société ?

      " Je l’associe à la convivialité, au bavardage, à une belle et grande table. Les couleurs, la fraîcheur, les rires et beaucoup de travail ! "

 

 

 

 

 

  1. Couper l’oignon en petits dés et ajouter le jus de citron. Laisser reposer 3 minutes.
  2. Couper les tomates en petits dés et les ajouter aux oignons
  3. Couper le piment en petits dés (sans les graines) et la coriandre
  4. Mélanger le tout dans un saladier et assaisonner

 

Selon la saison, vous pouvez ajouter à cette recette de pico de gallo de l’avocat ou de la mangue

 

 

BONUS

Quelle est ta Madeleine de Proust ?

Les barbes à Papa! Ce n’est que du sucre coloré, ce n’est pas bien sorcier mais les couleurs et la sensation d’air sur le palais… C’est une des choses les plus mémorables de mon enfance !

3 invités que tu aurais envie de réunir autour d’une table de dîner ? 

Une bouddhiste, un vrai de vrai ! [rires], Chava mon mari et Remedios Varo (artiste peintre surréaliste espagnole)

Ta « world food » préférée ?

Les gyros !

Un restaurant à nous conseiller ?

Ma maison !

 

Si vous voulez en apprendre un peu plus sur la chef Citlalli Méndez Cedillo, suivez la sur Instagram.  

[Liban] La recette traditionnelle du houmous de betteraves de Joumana

Houmous de betteraves

Houmous de betteraves

Joumana Accad est cuisinière et blogueuse (www.tasteofbeirut.com). Elle a grandi au Liban et vit depuis 30 ans entre Beyrouth et Dallas, au Texas. Elle nous a fait le plaisir et l'honneur d'accueillir l'équipe d'Ursino dans sa maison à Deir el Qamar, au cœur du Chouf libanais pour partager avec nous ses traditions culinaires et plus spécifiquement un plat issu de la panoplie des mezzés: le houmous de betterave.

1. Comment cette recette t'a-t-elle été transmise ? Par qui ?

joumana accad - Taste of BeirutKameel Abu-Hatoum, un expert de la cuisine libanaise traditionnelle originaire de Baakline, dans les montagnes du Chouf, a généreusement partagé cette recette avec moi. Il l'a surnommée "mama dallou’ah". Le nom est un clin d'œil au très célèbre baba ganoush. En effet, "baba" signifie papa et "ganoush" signifie "câlin" (ou quelqu'un qui aime chouchouter et câliner son enfant ou un être cher). "Mama" signifie maman and "dallou’ah" signifie une mère qui aime être chouchoutée, aimée, chérie, câlinée. Ce dip délicieux se mange à température ambiante, servi avec du pain pita. Il est très simple à préparer et on peut l'ajuster à son goût en modifiant les quantités de citron, d'ail ou de tahini (pâte de sésame).

L'idée d'appeler ce plat "Mama dallou'a" est une idée amusante mais qui n'a pas été adoptée officiellement. Au Liban, on appelle ce plat "mtabbal el shmandar". "Shmandar", c'est la betterave en libanais, et "mtabbal" veut dire "quelque chose qui est assaisonné". On utilise ça pour le houmous, l'aubergine, le choux-fleur,... : mtabbal hummus, mtabbal betenjane, mtabbal arnabeet... ainsi que pour la viande: falafel, kafta, et le poisson cuit au four... bref, pour tout!

2. Est-ce une recette plutôt ancienne ? Est-elle rattachée à un territoire particulier ?

Oui, on peut dire que c'est une recette ancienne, disons traditionnelle.
Le tarator est une sauce qui est la base de tous les assaisonnements. C'est un peu comme la crème des français et il fait fonction de vinaigrette aussi. Tous les légumes cuits sont assaisonnés avec cette sauce de tahini+citron+ail et herbes parfois.
C'est un plat qui est courant dans tout le Liban.

3. Connais-tu d'autres variantes de ce plat ?

Seulement dans la technique: beaucoup de chefs et restaurants servent les betteraves coupées en petits morceaux, d'autres servent les betteraves en purée mélangée avec le tarator, et puis d'autres la râpent.
Chez les Arméniens, ils le font aussi en sucré et l'utilisent pour fourrer un pain qui se mange le matin, le Tahinov Hatz (Découvrir la recette sur le blog de Joumana).

4. Que t'évoque ce plat ? As-tu des souvenirs ou anecdotes qui y sont liés ?

J'ai écrit un petit livre sur la cuisine iraquienne (publié en arabe) et j'ai appris par des amies iraquiennes que dans leur cuisine, ils boivent le jus (ou le bouillon) de betterave avec un filet de jus d'orange amère et du sucre à volonté. C'est délicieux et sain et depuis j'adore boire le bouillon après avoir fait cuire les betteraves pour ce plat !

5. Un petit mot pour la fin?

Oui ! Je suis tout à fait d'accord que l'idée de la cuisine est excellente pour communiquer entre personnes de culture différentes, parce que c'est un sujet qui n'est pas "délicat" et qui peut même rassembler les gens et on peut commencer avec des enfants. Donc, j'appuie vos efforts et je vous souhaite une bonne continuation dans le monde entier!

Ingrédients du houmous de betterave

La recette du houmous de betterave

La préparation:

  1. Éplucher l'ail et le couper en petits morceaux
  2. Ajouter une cuillerée de sel puis piler jusqu'à obtention d'une pâte crémeuse
  3. Verser la moitié du tahini dans un récipient
  4. Y ajouter une bonne cuillerée d'ail puis mélanger avec le batteur
  5. Verser et mélanger au fur et à mesure le jus de citron
  6. Diluer avec 1/2 verre d'eau
  7. Passer les betteraves au moulin à légumes pour les transformer en purée
  8. Assaisonner les betteraves avec la sauce tarator réalisée dans les étapes précédentes puis mélanger jusqu'à obtention d'une couleur rose fuchsia
  9. Déguster avec du pain pita et sahten* ! (*bon appétit) !

Rencontre avec José, à la découverte du Kouign-pod de l’île de Groix

Images: ©France 3 Bretagne

Aujourd’hui, nous avons à cœur de vous présenter un homme charmant et généreux, qui s’est battu pour faire vivre le breton groisillon (le parler de l’île de Groix).

En février, cela fera un an qu’il nous aura quitté et nous tenions à saluer sa mémoire et ses talents culinaires ! Une fois n’est pas coutume, nous ne vous partageons donc pas une de nos vidéos mais celle de José Calloch, qui a ramené au goût du jour les délices de l’île de Groix.

Ce monsieur nous dévoile les secrets du kouign-pod, un plat breton très ancien mais qui se fait encore beaucoup sur l’île de Groix.

 

Décrivez-nous le kouign-pod!

"C'est de la pâte avec du beurre et du sucre que l'on fait cuire dans de l'eau. Avant on l'enveloppait dans une feuille de chou et on le mettait à cuire avec le pot-au-feu. Il est mangé en dessert.

"Kouign" signifie gâteau, mais en vannetais le "k" se prononce "ch". Et "Pod", c'est le pot. Il s'agit d'une pâte lourde comme une pâte à pain, faite avec de la farine, des œufs et de la crème. On met dessus du sucre melen (jaune en breton). C'est un sucre plus brûnatre, qui a plus de goût, un peu comme la vergeoise. On met également ensuite des morceaux de beurre et on replie la pâte par dessus. On met le tout dans un torchon noué et on le met à bouillir dans de l'eau avec du gros sel.
Une fois cuit, on le coupe en tranches et on le mange comme ça, en l'arrosant du jus sucré qui s'en échappe.
Le lendemain on peut aussi le passer à la poêle: on fait revenir les tranches dans du beurre en ajoutant dessus le sucre qu'on aura gratté au fond du plat.

Qui préparait ce plat?

"Mon père!"

Comment cette recette vous a-t-elle été transmise?

"J'ai connu ce plat gamin, auprès de mon père, quand j'avais 6 ans. Dès l'âge de 10 ans, j'ai commencé à le faire tout seul quand il partait en mer puisqu'il était marin sur les chalutiers. J'ai appris tout simplement en le voyant faire!"

Ce plat vous semble-t-il plutôt ancien ou récent? Est-il en train de disparaître? À quel territoire pensez-vous qu'il soit rattaché?

"C'est un plat très ancien! Il se fait encore beaucoup à Groix!"

Avez-vous connaissance d'autres variantes de ce plat?

"Oui, les quantités de chaque ingrédient peuvent varier. Il existe également à Belle-Isle une version salée dans la poule aux krassens. Il s'agit d'une poule cuite en pot-au-feu avec des petites boules de pâte, un peu comme des gnocchi."

Comment et quand ce plat est-il consommé en général?

"C'est un petit plat à la va-vite! qui se mange par exemple au dessert ou au goûter"

Existe-t-il des "rituels" de consommation de ce plat?

"Le kouign-pod se mange avec des couverts parce qu'il est plein de jus sucré. On le mange tout chaud."

Que vous évoque ce plat? Avez-vous des souvenirs particuliers qui y sont liés?

"J'ai des amis allemands. J'allais là-bas tous les ans. Il y a quelques années, pour une soirée, ils m'ont demandé d'en préparer deux-trois. Mais le sucre qu'on m'a ramené pour les préparer était très clair, rien à voir avec le sucre melen! J'ai tenté quand même mais j'étais contrarié parce que ce n'était pas aussi bon. Donc j'ai eu l'idée d'innover en saupoudrant de chocolat. Tout le monde a adoré! Mais mon amie a partagé ça sur internet et en rentrant, j'étais la risée de toute l'île de Groix! Le vieux José rendu à faire du kouign pod au chocolat en Allemagne!"

Découvrez en vidéo la préparation du kouign pod avec José! Pensez à activer les sous-titres si vous ne maîtrisez pas encore le Breton!

La recette du kouign pod

Ingrédients:

400g de farine
15 cuillères à soupe de sucre "jaune"
1 œuf
Du beurre salé
50cl de crème fraîche
Du sel pour l'eau bouillante

  1. Dans un saladier, verser la farine, faire un puits et y casser l'œuf, commencer à mélanger à la cuillère
  2. Ajouter la crème petit à petit en mélangeant avec la cuillère
  3. Verser sur la table et terminer à la main. Bien malaxer jusqu'à obtenir une pâte homogène. Ecraser en une pâte épaisse.
  4. Ajouter le sucre roux (pas sur les bords).
  5. Couper des morceaux de beurre et les disposer sur le sucre.
  6. Plier la pâte sur les bords longs d'abord pour bien recouvrir le sucre et le beurre, puis les bords larges. Il faut que ce soit bien fermé!
  7. Placer le tout dans un torchon propre et le nouer fermement... avec un nœud marin pour les vrais de vrais!
  8. Cuire dans une casserole d'eau bouillante avec du gros sel pendant environ 45min
  9. Servir dans une assiette, coupé en lamelles et déguster, de préférence chaud, en arrosant du sirop qui coule dans le plat.
  10. Bon appétit!