Afrique du Sud – La fin approche

24 août… Déjà… L’année dernière à peu près au même moment je faisais ma fête de départ. Je vais sans doute me répéter à un moment (c’est ce que je fais quand je trouve qu’une idée ou une émotion est complètement dingue) mais c’est tellement bizarre que ce soit il y a si longtemps et en même il y a si peu de temps. Ma perception du temps est complètement déformée ! Je suis tellement occupée que j’ai l’impression d’être partie il y a à peine quelques semaines et en même temps j’ai vu teeeellement de choses, rencontré tellement de personnes, été dans tant d’endroits différents que j’aurais aussi bien pu être partie il y a plusieurs années. Je crois qu’on pourrait appeler ça « vie intensive »!

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Baobab

 

Le baobab est un de ces arbres que les gens associent instantanément à un endroit. La plupart des gens que je connais pensent « Afrique » dès qu’ils entendent « Baobab ». Quel étrange arbre n’est-ce pas? Tellement grand avec de si petites branches. Donc je vais vous raconter la légende du baobab. Ou au moins l’une d’entre elles.

On raconte qu’il y a très très très longtemps, quand le monde a été créé, le baobab fut planté près d’un petit lac. Tandis qu’il poussait et poussait, il observait tous les magnifiques arbres autour de lui avec leurs belles couleurs, leurs grandes feuilles et leurs troncs bien droits. Jusqu’à ce qu’un jour, le vent se calma. Le petit lac devint calme et plat comme un miroir. Et le baobab put enfin voir sa réflexion dans l’eau. Il fut choqué par ce qu’il vit! Ses fleurs étaient pâles et fades, ses feuilles minuscules, et son tronc était gros et tordu.

Il se mit très en colère et se plaignit abondamment au créateur, en lui reprochant d’être injuste de l’avoir fait si moche par rapport aux autres arbres. Et le créateur lui dit que certaines créatures étaient faites pour être moins parfaites, comme l’hippopotame ou la hyène. Mais le baobab n’arrêtait pas de se regarder dans le lac et surtout de se plaindre encore et toujours. Jusqu’à ce qu’un jour le créateur en eut vraiment marre de l’entendre pleurnicher. Alors il attrapa le baobab, l’arracha du sol et le replanta à l’envers. Depuis ce jour, le baobab, avec la tête enfouie dans la terre, n’a plus jamais été capable de se plaindre.

C’est la raison pour laquelle les petites branches du baobab ressemblent à des racines!

Baobab

Afrique du Sud – Enseigner, apprendre et apprendre à enseigner

J’ai tellement de choses à vous raconter!

Tout d’abord, j’apprends tous les jours un peu plus à être une meilleure institutrice, et ici plus qu’ailleurs. Je suppose que la raison principale est que je ne travaille pas dans une école, et donc que je ne peux pas m’appuyer sur l’instit pour faire la partie un peu moins fun du travail: faire travailler les enfants en silence. Ce que nous faisons est amusant et interactif donc ce n’est pas trop difficile de les intéresser, mais les faire travailler sérieusement et calmement, c’est une toute autre affaire! J’ai donc inventé des petites idées amusantes pour les calmer quand j’en ai besoin, come leur dire « Essayez d’attraper les étoiles! » (avec les deux mains) ou désigner des responsables de groupe dont le rôle est de faire gagner à l’équipe des petites étoiles en papier s’ils se portent bien. Je n’arrive pas à croire que je n’aie pas fait ça plus tôt. Je suppose que l’esprit humain ne s’adapte que quand c’est réellement indispensable et j’en étais arrivée au point où nous n’allions pas pouvoir travailler si je ne m’adaptais pas. J’ai ausi de supers bénévoles qui m’aident en classe et ça, c’est top!

Je me suis aussi rendue compte qu’en rendant les choses amusantes plutôt qu’en punissant (évidemment), je suis devenue plus proche de mes élèves. Maintenant ils viennent me faire des câlins, caressent mes cheveux, veulent être pris en photo avec moi. J’adore!

Le travail ici est très intéressant. Une des choses que j’aime dans le fait de donner aux enfants la liberté d’écrire eux-même les histoires est qu’ils ont tendance à insérer des choses qu’ils ont du mal à comprendre. En Australie, les enfants voulaient parler dans une des histoires du fait que « le drapeau australien a été brûlé par des Aborigènes pendant la fête nationale » et ici les enfants ont dit que « Noluntu aime Senzo, mais Senzo aime Jason. Senzo est un garçon et Jason est un garçon« . C’est vraiment fascinant de voir comment les enfants perçoivent des sujets tellement complexes.

La session d’aujourd’hui a été annulée à cause de protestations violentes à Khayelitsha, le township où je travaille. Il semblerait que des personnes soient en train de brûler des bus et des trains là-bas. C’est triste que les enfants doivent grandir dans un environnement si violent. Espérons que les choses reviennent à la normale rapidement!

Ubuntu

Comme c’est étonnant…

Il y a quelques temps, je suis sortie avec des amis dans un bar. A un moment donné dans la soirée, j’ai remarqué une jeune fille qui portait un joli collier. Je suis donc allée la voir pour le lui dire (j’aime bien dire aux gens quand j’aime quelque chose chez eux, même si je ne les connais pas) et son visage s’est illuminé. Elle a alors retiré son collier et me l’a offert. En en discutant par la suite avec un ami, il n’était pas plus surpris que cela et m’a parlé du concept d’Ubuntu. Et je me suis dit « Ah! Il faut que je partage ce merveilleux concept! ».

Ubuntu est un concept venant du sud de l’Afrique. Le mot lui même vient des langues bantoues. Il n’a pas de traduction exacte mais signifie plus ou moins « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous« . L’individu appartient à quelque chose de plus grand. Ubuntu est donc un principe de partage et d’entraide.

Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix, explique le concept de la manière suivante:

« Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand — et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. »

Je pense que ce concept mérite d’être diffusé!

Afrique du Sud – Afrique du Sud!

Après un mois de silence radio, me revoici enfin!

Si j’ai été si discrète, c’est parce que mon arrivée en Afrique du Sud n’a pas été de tout repos et parce que je n’ai pas encore commencé avec les enfants. J’ai aussi passé ce dernier mois à faire de nombreuses traductions qui me prennent beaucoup de temps.

Cela fait donc bientôt un mois que je suis ici, et je suis dans ma 5ème maison. J’ai décidé d’utiliser la méthode du couchsurfing pour me loger ici. C’est en effet bien difficile de trouver un hébergement pour juste deux mois et c’est bien plus amusant de dormir chez les gens, de se faire de nouveaux amis, de découvrir la vraie Afrique du Sud! J’ai donc été adoptée par un groupe d’amis géniaux qui s’occupent bien de moi, et je suis aux anges! Ce qui me ramène encore une fois à ce que je répète souvent: que de générosité partout dans le monde, que de gentillesse et de curiosité!

J’ai aussi rencontré le week-end dernier Sibahle qui est en charge du programme STEP de SHAWCO. SHAWCO est l’association étudiante de l’Université de Cape Town avec laquelle je vais travailler. STEP est le programme dédié à l’éducation. Je travaillerai dans un des townships (quartiers pauvres anciennement réservés aux non-blancs). Je commence donc mercredi de la semaine prochaine et j’ai hâte! Sibahle a l’air aussi excitée que moi à l’idée de travailler ensemble, donc ça promet d’être chouette!